Paris: Les candidats qui ont «abusé» de l’affichage sauvage vont-ils écoper d’une amende?

SOCIETE A Toulouse, la municipalité a envoyé à différents partis politiques une facture pour leur activité d’affichage sauvage. De son côté, la ville Paris se veut plus «tolérante» sur le sujet...

Romain Lescurieux

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Un exemple d'affichage sauvage
Un exemple d'affichage sauvage — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Périphérique, mobilier urbain, façades de bâtiments publics ou privées ou encore transformateurs électriques. Avant et durant la campagne électorale, les équipes et militants de certains partis politiques n’ont pas hésité à coller massivement et dans de nombreux recoins, l’affiche de leur candidat(e). Une campagne pirate qui se déclare sur le terrain à chaque élection, mais qui a été sanctionnée cette année par la mairie de Toulouse.

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La municipalité de la ville rose – qui avait pourtant prévenu les formations politiques - a annoncé avoir envoyé « plusieurs factures » aux partispour un montant cumulé de 15.816 euros. Soit 12 euros l’affiche collée illégalement, en dehors des panneaux électoraux, comme le prévoit le code électoral. Dans le classement, c’est le NPA (nouveau parti anticapitaliste) qui arrive en tête avec 9.696 euros réclamés pour 808 affiches placardées, suivi de la France insoumise (4.392 euros) et le PS (1.116 euros). Mais à chaque commune, sa règle spécifique sur le sujet. Que répond la mairie de Paris ?

Le montant de la facture adressée par la mairie de Toulouse à divers candidats pour affichage sauvage.
Le montant de la facture adressée par la mairie de Toulouse à divers candidats pour affichage sauvage. - Infogr.am - 20 Minutes

À Paris « une tolérance durant la campagne »

« L’affichage sauvage dans Paris n’est pas acceptable. On avait demandé aux partis de ne pas exagérer et de respecter l’espace public. Après il y a une sorte de tolérance durant la campagne car il y a un aspect ponctuel. Contrairement aux entreprises qui recollent très rapidement après nos passages, la campagne s’arrête et avec elle les collages », indique-t-on à l’Hôtel de ville.

Toutes les affiches seront bientôt enlevées par les équipes de nettoyage de la ville de Paris, qui ne chiffre pas le coût de l’opération et n’enverra donc pas d’amendes aux partis politiques pour leur affichage sauvage dans la capitale. Et finalement, heureusement pour certaines formations.

« Entre 200.000 et 300.000 » affiches placardées par l’UPR

L’UPR a particulièrement bombardé la capitale d’affiches à l’effigie de son candidat, François Asselineau. Si ce dernier a obtenu 0,92 % des voix, il semble en revanche avoir gagné la bataille sur le périph’qui en porte encore les stigmates. Selon un cadre du parti « entre 200.000 et 300.000 affiches » ont été placardées par l’UPR dans toute la France. A 12 euros l’affiche, le parti aurait eu à débourser près de 3 millions d’euros. Mais pour le moment, seule la ville de Toulouse lui en réclame 180.

François ASSELINEAU (UPR), candidat à l' élection présidentielle, le 19 Mars 2017, Paris, France (affiche).
François ASSELINEAU (UPR), candidat à l' élection présidentielle, le 19 Mars 2017, Paris, France (affiche). - SIPA

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« Si nous avons été en infraction et si nous recevons une amende, nous étudierons la question. Ça paraît logique de payer. Après, certains sympathisants et colleurs bénévoles agissent seuls », note ce même cadre. Même défense du côté du NPA 31. « Il faudra prouver que ce sont bien des militants du NPA qui ont collé ces affiches », affirme un responsable local au blog France 3 Régions. « Et puis à chaque fois qu’une ville a voulu sanctionner financièrement de l’affichage politique, à la fin les tribunaux ont annulé les amendes en raison du manque d’emplacements pour l’affichage », ajoute-t-il. Un constat partagé par d’autres.

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« Si il y a sanction, on demandera pour les prochaines fois davantage de panneaux d’expression libre. Nous, on a collé pour se faire connaître d’une autre manière et s’exprimer ailleurs que dans les gros médias où le temps de parole de parole entre les candidats a été bafoué », tient-on à rappeler à l’UPR.