Manifestation du 1er mai à Paris: Qui est le policier grièvement brûlé après un tir de cocktail Molotov?

SOCIETE Ce CRS de 41 ans, marié et père d’un enfant, souffre de brûlures aux 2e et 3e degrés au niveau du visage, du cou et sur une main.

Caroline Politi

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Un CRS a été grièvement brûlé lundi en marge des manifestations du 1er mai.
Un CRS a été grièvement brûlé lundi en marge des manifestations du 1er mai. — Zakaria ABDELKAFI/AFP
  • Six policiers ont été blessés pendant les manifestations du 1er mai, dont deux grièvement.
  • L'un d'eux, CRS au sein de la 51e compagnie, souffre de brûlures aux 2e et 3e degrés. Il est toujours hospitalisé.

Un CRS transformé en torche humaine en plein cœur de Paris après avoir été touché par un cocktail Molotov. Ses collègues qui tentent d’éteindre l’incendie tout en se protégeant des flammes d’une part, des jets de projectiles d’autre part. Le cliché, pris par un photographe de l’AFP, a fait le tour du monde, du New York Times au quotidien espagnol El País, en passant par le Financial Times ou The Irish Times. « On en a presque plus parlé à l’étranger que chez nous. A croire que les violences contre les policiers, aussi dramatiques soient-elles, n’intéressent pas grand monde », déplore Loïc Lecouplier, délégué zonal du syndicat Alliance.

La Une du New York Times
La Une du New York Times - NYT/Capure d'écran

La scène s’est déroulée en marge de lamanifestation du 1er mai, peu après 15 heures. Le cortège vient à peine de s’élancer que déjà, des débordements sont observés aux abords du parcours, notamment dans les rues autour de la place de la Bastille. Boulevard Beaumarchais, des casseurs et des membres des Black Blocs – militants radicaux se réclamant généralement de la mouvance antifasciste – descellent des pierres de la façade d’un immeuble pour les jeter sur les forces de l’ordre. D’autres, ont rempli, avant de venir, leurs sacs à dos de projectiles divers. Pavés, bouteilles, cocktails Molotov… La manifestation, qui avait pourtant démarré dans le calme, vire à l’affrontement. Les policiers répliquent avec des gaz lacrymogènes. Plusieurs manifestants rapportent également des tirs de Flash-Ball.

Brûlé au 3e degré

Du côté des forces de l’ordre, le bilan est conséquent. Six policiers blessés, dont deux grièvement. Une fonctionnaire de la compagnie de sécurisation et d’intervention de la préfecture de Paris est grièvement blessée à la main alors qu’il manipulait une grenade de désencerclement. Mais c’est au sein de la compagnie CRS 51, basée à Saran, près d’Orléans, que le bilan est le plus lourd. Trois policiers hospitalisés. Parmi eux, l’homme sur la photo. Brûlé au 3e degré à la main et au cou, au 2e degré sur le bas du visage, ce fonctionnaire de 41 ans, marié et père d’un enfant, est actuellement hospitalisé en chambre stérile à l’hôpital militaire Percy, à Clamart. « Il n’a jamais perdu connaissance ou été en urgence vitale comme cela a été dit hier, mais son état est très grave », précise-t-on dans son entourage. Son équipement ignifugé a néanmoins protégé le reste de son corps.

Le gilet du policier grièvement brûlé
Le gilet du policier grièvement brûlé - DR

Décrit par ses collègues comme un homme « très professionnel » et « très calme », le fonctionnaire avait intégré cette compagnie CRS l’an dernier. Il avait déjà près de 17 ans d’expérience, notamment au sein de plusieurs unités de police urbaine. « On est sous le choc, assure l’un d’eux. Vous avez vu les images, vous imaginez voir un collègue dans cet état ? » D’autant que deux autres policiers de la compagnie ont été touchés : l’un a été brûlé au mollet et un second souffre d’acouphènes à la suite d’un blast.

La question d’une reprise de son activité professionnelle ne devrait pas se poser avant plusieurs mois. « On en est encore à la phase de soins. Il n’a pas encore été opéré, les médecins s’interrogent sur la nécessité d’une greffe. Après il devra passer par une longue phase rééducation, avant peut-être un retour sur le terrain. »

Cinq hommes interpellés

Le ministre de l’Intérieur a promis que ces « actes ne resteraient pas impunis ». Mais les syndicats restent sceptiques. « Encore faut-il identifier celui qui a lancé le cocktail Molotov », s’exclame Loïc Lecouplier. Cinq hommes ont été interpellés lundi et deux d’entre eux ont été placés en garde à vue.