Attentat sur les Champs-Elysées: Le ministère de l’Intérieur saisit la justice après les propos homophobes à l'encontre du policier tué

HOMOPHOBIE Un homme, sous le pseudonyme d'«Ernest Manurhin», a diffusé des messages homophobes sur les réseaux sociaux. 

Caroline Politi

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Le ministère de l'Intérieur a saisi la justice après les propos homophobes sur Xavier Jugelé
Le ministère de l'Intérieur a saisi la justice après les propos homophobes sur Xavier Jugelé — Sipa
  • Le ministère de l'Intérieur a fait un signalement auprès du procureur de Nanterre après les propos homophobes sur Xavier Jugelé
  • Il s'agit d'un signalement pour «apologie de crime» et «provocation à la haine raciale en raison de l'orientation sexuelle»

Des propos homophobes et des messages qui incitent à la haine. Ce mardi, le ministre de l’Intérieur, Mathias Fekl, a saisi la justice après la publication sur les réseaux sociaux de plusieurs messages homophobes à l’encontre de Xavier Jugelé, le policier abattu jeudi soir sur les Champs-Elysées, a appris 20 Minutes, confirmant une information de L’Express. « Le courrier est parti aujourd’hui, le parquet devrait en prendre connaissance dès demain », assure le porte-parole de la place Beauvau, Pierre-Henry Brandet. Le signalement a été déposé auprès du procureur de Nanterre, où est située la plateforme Pharos, le portail de signalement de contenus illicite sur Internet.

Apologie de crime et provocation à la haine

Dans le viseur des autorités, les messages publiés sur Twitter et Facebook par un certain « Ernest Manurhin », un pseudonyme faisant référence au revolver utilisé auparavant par les forces de l’ordre. « Bonne nouvelle, le flic assassiné hier soir était en fait une grosse « jaquette », militant pour les droits LGBT », écrivait-il sur ses comptes -désactivés depuis - au lendemain de l’attaque. « Si Marine pouvait gagner les élections grâce au sacrifice d’un payday (…) vous sécheriez vite vos larmes », ajoutait-il. Il est également soupçonné d’être l’auteur d’une « chanson » diffusée sur Youtube dans laquelle il appelait à « casser du pédé ».

Ce signalement pour « apologie de crime » et « provocation à la haine et à la violence en raison de l’orientation sexuelle » se fonde sur l’article 40 du code de procédure pénale. Il oblige tout fonctionnaire ou toute administration à signaler une infraction constatée.

Cette procédure intervient le jour de l'hommage national rendu au gardien de la paix, élevé à titre posthume au grade de capitaine et fait chevalier de la légion d’honneur. Son compagnon, Etienne Cardiles, y a livré un discours bouleversant de dignité. « Cette haine, elle ne te ressemble pas. Parce qu’elle ne correspond en rien à ce qui faisait battre ton cœur, ni ce qui avait fait de toi un gendarme puis un gardien de la paix », a confié d’une voix étranglée ce haut fonctionnaire du Quai d’Orsay.