Heurts à Paris après la présidentielle: «Ces groupes n’ont que la violence pour moyen de communication»

PARIS Le maire du 10e arrondissement de Paris craint de nouveaux débordements, notamment le 1er mai, en marge des manifestations…

C.Po.

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Paris, 23 avril 2017. - Manifestants à Paris après les résultats du 1er tour de l'élection présidentielle où Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont arrivés en tête.
Paris, 23 avril 2017. - Manifestants à Paris après les résultats du 1er tour de l'élection présidentielle où Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont arrivés en tête. — Emilio Morenatti/AP/SIPA
  • Des heurts ont éclaté dimanche soir après le 1er tour de la présidentielle
  • 29 personnes ont été placées en garde à vue
  • Le maire du 10e arrondissement craint de nouveaux débordements.

Des vitres d’abribus et de panneaux publicitaires brisées, des conteneurs à verre renversés, des murs tagués… Dimanche soir, peu après les résultats du premier tour de la présidentielle, des heurts ont éclaté dans les rues de Paris. Entre 150 et 200 personnes – une foule hétéroclite constituée d’antifas, de casseurs et de militants de Jean-Luc Mélenchon – ont déambulé dans les rues, entre la place de la Bastille et la gare de l’Est, en passant par République, Belleville ou Stalingrad pour protester contre la qualification d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen au second tour. Sur leur chemin, ils s’en sont pris à du mobilier urbain. Neuf personnes, dont six policiers, ont également été blessées au cours de la soirée.

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« Ces groupes n’ont que la violence pour moyen de communication »

« Les dégradations sont très localisées, autour du métro Louis Blanc », assure Rémi Féraud, le maire PS du 10e arrondissement de Paris. Impossible néanmoins, selon lui, de chiffrer les dégâts car la casse a touché du mobilier urbain mais également des Autolibs, des magasins et des véhicules privés.

Selon la préfecture de police, 143 personnes ont été interpellées et 29 d’entre elles ont été placées en garde à vue. Mais les craintes de l’édile sont désormais tournées vers l’avenir. L’élu s’attend à de nouvelles manifestations non autorisées pendant l’entre-deux-tours. « Ces groupes n’ont que la violence pour moyen de communication, poursuit l’élu. Il n’y a aucune excuse possible pour justifier de tels comportements. »

Des scènes qui se répètent depuis plusieurs mois

Si les associations de riverains n’ont pas souhaité s’exprimer, certains habitants du quartier, notamment autour de Stalingrad et de la gare de l’Est n’ont pas caché leur exaspération au passage des cortèges. « Rentrez chez vous », « Bandes de casseurs », « On n’en peut plus de vous » ont crié certains depuis la fenêtre de leur appartement. En guise de réponse, certains manifestants ont tenté de leur jeter des projectiles. « Il y a eu des sirènes et des cris jusque très tard dans la nuit, explique ce lundi une jeune mère de famille. On voyait des groupes courir dans tous les sens, c’était assez impressionnant. » Selon elle, si ces scènes sont rares, elles se sont répétées à plusieurs reprises ces derniers mois.

« Depuis Nuit Debout, des groupes d’anarchistes commettent régulièrement des dégradations dans le quartier, assure Rémi Féraud, qui ne cache pas sa colère. Le scrutin de dimanche n’était qu’un prétexte. » Il craint notamment de nouveaux débordements lundi prochain, en marge des manifestations du 1er mai. Un important dispositif policier devrait être déployé ce jour-là.