Un atelier expérimental et de proximité

Sophie Caillat - ©2008 20 minutes

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« Chaque arrondissement a sa piscine et sa bibliothèque, mais tous devraient aussi avoir leur atelier de création artistique », plaide Pierre Manguin. Ce plasticien ouvre demain un lieu unique en son genre, l'Atelier en commun, au 100, rue de Charenton (12e)*. Sur les trois plateaux de 500 m2 encore bruts de béton, plasticiens amateurs et professionnels travailleront sans cloisons. Un studio de musique et des salles de répétition pour les arts vivants sont aussi prévus.

A l'origine de l'ouverture de plusieurs squats d'artistes, Manguin a décidé de « passer à autre chose ». Après trois ans de combat pour obtenir le financement de la Mairie de Paris (un million d'euros), afin de rénover cet ancien immeuble technique d'EDF, cette expérimentation est « un petit miracle ». « A Paris, la culture est très institutionnelle et il est de plus en plus difficile d'ouvrir des squats, constate-t-il. Dans un mois, les murs seront tachés et des tableaux sécheront partout. » Jusqu'à cent personnes pourront travailler en même temps, du « peintre du dimanche au vidéaste. Il y aura des interactions, une émulation réciproque. »

L'adjoint à la Culture dans le 12e, Frédéric de Beauvoir, estime qu'« il faudra quelques mois pour faire comprendre aux habitants le fonctionnement inhabituel de ce lieu. Idéalement, on espère avoir un tiers d'artistes reconnus, un tiers d'artistes exclus et un tiers de gens du quartier. Mais les amateurs, il faudra peut-être aller les chercher par la main. » La mairie du 12e s'est également réservé un espace pour un pôle solidaire dédié à la culture, intitulé le « SOCLE ».