Paris: On fait quoi des 20.000 vélos et 1.200 stations Vélib’ de JCDecaux?

TRANSPORTS Les élus du syndicat mixte Autolib’ et Vélib’ Métropole ont voté ce mercredi (sans surprise) l’attribution du contrat Vélib’ à Smoove…

Romain Lescurieux

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Un Vélib' dans le canal Saint-Martin. (Illustration)
Un Vélib' dans le canal Saint-Martin. (Illustration) — R.LESCURIEUX

C’est officiel. Le marché des vélos en libre-service Vélib', confié à JCDecaux depuis dix ans, a été attribué au consortium franco-espagnol Smoovengo, a annoncé mercredi le syndicat mixte Autolib' et Vélib' Métropole, qui regroupe Paris et une centaine de communes partenaires. Ces vélos « plus légers », « plus solides » et dont un tiers sera électrique, feront donc la joie des Parisiens et des Franciliens dès janvier 2018, pour quinze ans et après une transformation complète du parc et du dispositif. Quid des historiques vélos gris ?

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Contactée par 20 Minutes, l’entreprise JCDecaux qui se retrouve avec 20 000 cycles et 1 200 stations sur les bras ne souhaite faire « aucun commentaire à ce stade ». La Mairie de Paris ne donne pas plus d’éléments. Alors, nous avons réfléchi à quelques pistes.

Les donner gracieusement à des associations ?

« Ce serait une très bonne idée », s’exclame Joël Sick, animateur à l’AICV (Animation insertion et culture vélo). Selon lui, 15 000 vélos du parc JCDecaux sont en « bon état » et pourraient permettre de « favoriser la mobilité pour tous », notamment au travers de projets humanitaires. Seul bémol, selon un rapport de l’inspection général datant de 2016, JCDecaux gagnait environ 20 millions d’euros par an grâce à son contrat avec la Ville. Alors, les donner paraît (un peu ?) utopique. « Même pour eux, ce ne serait pas forcément une bonne chose pour leur image de marque », regrette Joël Sick, qui est prêt à mettre la main à la poche.

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Les vendre en entier ou en pièces détachées ?

Sans forcément les offrir, le publicitaire JCDecaux peut en effet les vendre à des particuliers, des entreprises spécialisées ou des associations. « Nous serions preneurs pour les P’tit Vélib’. Ils sont très solides et pourraient durer quelques générations », dit-il. Avant de préciser : « Evidement, tout dépend du prix. » Du côté des boutiques spécialisées, elles ne sont pas intéressées à racheter des Vélib'. « Ce sont des vélos trop lourds pour des particuliers qui sillonnent Paris. Même en pièces détachées, c’est compliqué, car le produit est trop exclusif », affirme Arnaud, salarié de la boutique parisienne Bicloune.

Et vous, combien achèteriez-vous un Vélib' ? N’hésitez pas à faire vos propositions d’achat dans les commentaires.

Les jeter ?

Evidemment, il est peu probable que JCDecaux largue ses vélos dans une déchetterie ou dans le canal Saint-Martin. Toutefois, Danielle Simonnet, conseillère de Paris et coordinatrice du Parti de gauche, pointait du doigt, lors de la manifestation des 315 salariés de JCDecaux, un « gaspillage ». « A chaque fois que le marché change, on met les bornes et vélos à la poubelle ? C’est une aberration », expliquait celle qui préconise un marché en « régie directe » pour « garantir une continuité ».

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En faire une œuvre d’art ?

JCDecaux peut aussi envisager l’œuvre d’art comme la compression ou les vendre à l’artiste Abraham Poincheval qui a couvé des œufs au Palais de Tokyo. Peut-être aura-t-il des idées pour une création unique ? Il y a aussi l’option de l’acheter et d’attendre un retour de hype du Vélib’ pour le revendre plus cher ou entamer une collection.

Les réutiliser dans une autre ville ?

Bon, c’est la piste la plus probable. Depuis son lancement il y a plus de dix ans, JCDecaux a exporté son système de vélos en libre-service dans 69 villes à travers le monde et plus de trente en France, et compte 300 000 abonnés à Paris. L’entreprise pourrait donc s’implanter dans une autre ville avec sa flotte parisienne ou répondre à de nouveaux appels d’offres. Toutefois, certaines municipalités sont de plus en plus frileuses à embrasser ce système qui leur coûte de l’argent, comme le relève cet article du Monde.