Savigny-le-Temple: Une adolescente séquestrée alerte sa mère par textos et est sauvée par le Raid

FAIT DIVERS Elle avait alerté sa mère et son entourage par des textos et sur le réseau social Snapchat…

Caroline Politi
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Illustration Raid
Illustration Raid — Beatrice Colin

C’est une jeune fille « prostrée », en « état de choc », qu’ont découvert dimanche soir les hommes du Raid, dans un appartement de Savigny-le-Temple, en Seine-et-Marne. L’adolescente, âgée de 16 ans et originaire de Besançon, était, selon son récit, séquestrée depuis plusieurs jours, obligée de se prostituer. Quatre personnes dont une femme, ont été interpellées et sont actuellement auditionnées, précise une source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

L’alerte a été donnée par la victime elle-même. Dimanche matin, la mère de l’adolescente, qui l’avait autorisée à passer quelques jours de vacances chez son petit ami à Toulon, reçoit une série de textos très inquiétants. « Elle lui explique qu’elle est retenue par des hommes armés qui la forcent à se prostituer et lui envoie l’adresse d’un appartement à Savigny-le-Temple », explique le commissaire Claude Mazerolle, chef du commissariat de Moissy-Cramayel, dont dépend Savigny-le-Temple. Elles échangent quelques messages puis le portable est brusquement éteint.

La jeune fille avait quitté le domicile familial, à Besançon, en début de semaine avec l’accord de ses parents, séparés. Elle n’avait pas donné de nouvelles depuis, ce qui ne les avait pas particulièrement inquiétés : la jeune fille était décrite comme très indépendante.

Les agresseurs présumés ont tenté de prendre la fuite

Dès réception de ses messages, la mère se rend au commissariat de Besançon qui alerte vers 13 h, celui de Moissy-Cramayel. Une équipe de policiers en civil est immédiatement dépêchée sur les lieux pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une supercherie et effectuer discrètement les premiers repérages. Le portable de la victime est géolocalisé. « On a rapidement eu la confirmation qu’elle était à Savigny-le-Temple alors qu’elle n’avait rien à y faire », assure le commissaire Claude Mazerolle. Parallèlement, son petit ami est interrogé à Toulon. Il indique non seulement être sans nouvelle de son amie, mais assure également avoir reçu des messages, sur le réseau social Snapchat, tout aussi inquiétants. La jeune fille lui aurait en effet indiqué être retenue par des hommes armés.

L’assaut est donné par le Raid vers 19 h 20. Ils enfoncent la porte de cet appartement situé au rez-de-chaussée et découvrent l’adolescente, prostrée dans un coin de la pièce. Les quatre agresseurs présumés, trois hommes âgés de 23, 24 et 25 ans et une femme – une Brésilienne de 19 ans – tentent de prendre la fuite par le jardin avant d’être arrêtés par une équipe postée à l’arrière de la maison. Au moins l’un d’entre eux est très défavorablement connu des services de police. Une arme de poing – un pistolet automatique de calibre 7.65 – est découverte dans la cuisine. Des préservatifs ont également été retrouvés sur le sol de ce trois-pièces, situé dans une résidence relativement cossue de la ville.

Zones d’ombre

L’adolescente a été emmenée dans la soirée de dimanche aux urgences gynécologiques avant d’être confiée à une famille d’accueil, le temps que ses parents arrivent. Elle est actuellement entendue par les enquêteurs, chargés de lever de nombreuses zones d’ombre. Depuis combien de temps était-elle séquestrée ? Elle a en effet quitté le domicile familial en début de semaine dernière. Pourquoi était-elle en région parisienne alors qu’elle était censée se rendre à Toulon ?

Selon une source proche de l’enquête, sa mère assure qu’elle devait rejoindre son petit ami dans la capitale avant de descendre sur la Côte d’Azur. Pourquoi ce dernier n’a-t-il pas donné l’alerte plus tôt si la jeune fille était censée le rejoindre quelques jours avant ?

L’enquête a été confiée à la sûreté départementale de Seine-et-Marne.