Surpopulation carcérale: La prison de Villepinte, pleine à craquer, refuse d'accueillir de nouveaux détenus

PRISON Le taux d’occupation de l’établissement atteint le record de 201 %. Résultat, la direction ne veut plus accueillir de nouveaux détenus...

20 Minutes avec AFP
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Prison de Villepinte. Illustration.
Prison de Villepinte. Illustration. — SIPA

Pleine à craquer. La directrice de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) a prévenu ce mardi la justice que l’établissement ne pouvait plus accueillir de nouveaux détenus. Son taux d’occupation a atteint le record de 201 %, a-t-on appris ce mercredi de source judiciaire, confirmant une information du Monde.

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« La directrice a sollicité la justice pour qu’on trouve des solutions, comme des libérations conditionnelles ou des aménagements de peine » (bracelets électroniques, etc.) car la maison d’arrêt de Villepinte, qui héberge 1.132 détenus « n’est plus en capacité physiquement d’accueillir des détenus », a indiqué cette source. Il s’agit « d’accélérer le processus judiciaire pour ceux qui le méritent et évidemment pas d’ouvrir grand les portes de Villepinte », a-t-elle précisé. Depuis mardi, le TGI de Bobigny « n’envoie plus personne à Villepinte ».

Dilemme des magistrats

Le courriel de la directrice a été adressé mardi aux présidents et procureur des tribunaux de grande instance de Bobigny et Paris, qui orientent des prévenus en attente de procès et des condamnés à des peines inférieures à deux ans vers cet établissement. Pour la source judiciaire, les magistrats sont face à un dilemme car ils ne veulent pas aggraver la situation déjà critique à la maison d’arrêt mais excluent pour autant d'« abaisser la réponse pénale ».

Desdétenus qui « dorment par terre » ou sont logés dans le quartier des mineurs, des personnels « à bout », des incidents qui se multiplient : selon Philippe Kuhn, délégué régional du syndicat de surveillants SPS, la situation dans la maison d’arrêt est explosive. A cause de la surpopulation, l’accès aux soins, au travail et au sport est également devenu compliqué. « Ce ne sont pas des conditions d’accueil dignes. Comment voulez-vous qu’ils nous respectent ? », a encore dit le syndicaliste.