VIDEO. Mort d’un Chinois à Paris: Trente-cinq personnes arrêtées après un rassemblement

FAITS DIVERS Liu Shaoyo, la victime, aurait agressé un policier avant d’être abattu, selon les forces de l’ordre…

20 Minutes avec AFP

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Une voiture de police. (Illustration)
Une voiture de police. (Illustration) — GILE MICHEL/SIPA

Trente-cinq personnes ont été arrêtées lundi soir à Paris après une manifestation destinée à protester contre la mort dimanche d’un Chinois tué lors d’une intervention policière, a appris ce mardi l’AFP auprès de la préfecture de police. De son côté, Pékin a demandé à Paris de protéger ses ressortissants.

Lundi soir, lors du rassemblement d’environ 150 personnes « membres de la communauté asiatique » devant le commissariat du 19e arrondissement, « trente-cinq personnes ont été arrêtées », a dit la préfecture de police de Paris (PP).

Trois policiers blessés

Trente-cinq personnes ont été arrêtées pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, trois pour violences sur agent de la force publique et dégradation d’un véhicule de police par engin incendiaire et six pour jets de projectiles, a rapporté la PP.

Trois policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI 75) ont été blessés légèrement. Un véhicule de police a été endommagé par un engin incendiaire, ainsi que trois automobiles appartenant à des particuliers.

Touché par un tir de riposte

Dimanche soir, un policier a été blessé à l’arme blanche lors d’une intervention pour un « différend familial » dans une habitation du quartier Curial dans le 19e arrondissement. Son agresseur, touché par un tir de riposte de la police, est décédé, selon des sources policières.

« Dès l’ouverture de la porte », un homme s’est précipité pour agresser l’un des fonctionnaires, avait expliqué à l’AFP une source policière. L’un de ses collègues a alors ouvert le feu, pour le protéger, blessant mortellement l’agresseur, avait-elle ajouté.

Les versions divergent

La famille du défunt « conteste totalement la version des faits, il n’a blessé personne », a déclaré lundi à l’AFP l’avocat des proches, Calvin Job, alors qu’une source proche de l’enquête appelait à la prudence sur le déroulement des faits, des vérifications étant en cours. Ce soir-là, « un voisin a appelé la police en disant qu’il y avait des cris », mais selon eux il n’y a eu « aucun différend familial », a-t-il ajouté.

L’homme, qui se trouvait avec ses quatre enfants âgés de 15 à 21 ans était « en train de tailler des poissons avec des ciseaux », selon lui. « Les policiers ont ouvert de force la porte de l’appartement, ce qui l’a propulsé vers l’arrière ». Le père de famille n’a « porté aucun coup » et « ne s’est pas précipité » sur les policiers. Mais selon l’avocat, la police aurait « tiré sans sommation », dans la zone du thorax.

Un passage à l’infirmerie psychiatrique

Selon lui, l’homme âgé de 56 ans, « parlait très peu le français ». Il avait déjà fait un passage à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P) en février 2012 après un précédent appel des voisins pour trouble de voisinage, mais « il n’avait pas d’antécédents psychiatriques majeurs ». Selon une source proche de l’enquête, l’homme présentait des troubles psychiatriques.

La famille devait être entendue mardi après-midi par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) selon avocat. Le 2e district de police judiciaire et l’IGPN ont été saisis des enquêtes.