Nicolas Dupont-Aignan a versé 327.000 euros de sa réserve parlementaire à sa commune

POLITIQUE Une pratique légale mais qui pour certains ressemblent à un conflit d’intérêts…

F.H.

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Nicolas Dupont-Aignan a utilisé 327.000 euros de sa réserve parlementaire de député pour aider Yerres, ville dont il est le maire. (Illustration)
Nicolas Dupont-Aignan a utilisé 327.000 euros de sa réserve parlementaire de député pour aider Yerres, ville dont il est le maire. (Illustration) — Francois Mori/AP/SIPA

Quand le député de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan aide le maire de Yerres Nicolas Dupont-Aignan. Depuis 2013, l’élu a octroyé 327.000 euros sur les 600.000 euros de sa réserve parlementaire à la ville qu’il dirige. Des faits révélés par Le Parisien et qui ne perturbent pas le candidat à l’élection présidentielle. « Ce n’est pas tant que ça », a répondu au quotidien Nicolas Dupont-Aignan.

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Terrains de sport, véhicules pour la police municipale

La dernière subvention actée, en janvier 2017, a été de l’ordre de 77.799,88 euros pour réhabiliter des terrains de sport, acquérir des véhicules pour la police municipale et améliorer l’hébergement des militaires de l’opération Sentinelle qui sont à Yerres. Aucune règle n’encadre l’utilisation de la réserve parlementaire, ni plafond, ni critère de répartition. Un député peut donner la somme qu’il souhaite aux associations de son choix et donc à la mairie qu’il dirige.

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Nicolas Dupont-Aignan n’est pas le seul député à faire bénéficier sa commune d’une part de sa réserve parlementaire. En 2016, Georges Ginesta, maire (LR) de Saint-Raphaël (Var), a financé pour 130.000 euros de travaux de voirie. A gauche, le député PS de la Haute-Garonne Patrick Lemasle a versé 113.000 euros pour des projets dans sa commune de Montesquieu-Volvestre. A l’évocation de des deux derniers cas, la députée écologiste du Calvados Isabelle Attard disait à 20 Minutes : « Ce type d’exemples me pose problème mais rien ne l’interdit. On est dans le conflit d’intérêts légal. En 2017, il n’y aura plus de député-maire. Cela limitera cette pratique. »

Dans Le Parisien, René Dosière, député socialiste de l’Aisne et qui demandait la suppression de la réserve parlementaire en 2012, estime également qu'« il est rare que des députés-maires ne s’accordent jamais de subventions. Mais il est certain que cela peut s’apparenter à du conflit d’intérêts. »