Paris: A Science Factor, les projets de collégiens et de lycéens reçoivent le soutien des industriels

ECONOMIE Mardi, le ministère de l’Enseignement a accueilli des collégiennes ou lycéennes porteuses de projet, lors d’une journée dédiée aux sciences et aux technologies…

Camille Anger

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Paris, le 7 mars 2017. Louise Nassor, Éve Barron, Prune Garralde et Marie Bescond, quatre lycéennes lauréates du Science Factor Connect.
Paris, le 7 mars 2017. Louise Nassor, Éve Barron, Prune Garralde et Marie Bescond, quatre lycéennes lauréates du Science Factor Connect. — C.An

« Les hommes sont favorisés dans le monde de l’industrie », avance une enseignante docteur en sciences physiques et chimie. Pourtant, mardi, de grands groupes industriels comme Veolia, Engie, Orange ont passé une journée avec des adolescentes porteuses de projets scientifiques et techniques, dans le cadre de la journée « Science Factor ».

Des projets mixtes mais des filles qui les portent

« Si les femmes sont majoritaires parmi les étudiants, dès le doctorat leur part diminue parmi les enseignants-chercheurs au fur et à mesure que le niveau hiérarchique augmente », selon une étude du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Des initiatives comme celle de Claudine Schmuck permettent de faire évoluer les mentalités. Depuis 2011, elle a mis en place des journées « Science Factor ».

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Au niveau national, cette journée concerne 1.500 élèves. Répartis en petit groupe mixte, plusieurs projets ont émergé. La remise des prix du concours s’est déroulée au ministère de l’Enseignement, à Paris. Neuf finalistes ont été primées dans trois catégories. Un concours où même les perdants ont quelque chose à gagner. Car si les gagnants remportent un chèque, tous peuvent ensuite solliciter des entreprises partenaires.

« Nous n’avons pas été retenus, nous étions classés 5e dans la catégorie collège », énonce Loïc. Son groupe, lancé par Amélie, a conçu des bacs d’algues pour réduire les gaz à effets de serre. En matinée, ils ont rencontré des membres de la société Air Liquide. « Les professionnels nous ont encouragés à rester dans cette mouvance du biomimétisme », s’exclame leur tuteur.

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Utiliser les ressources naturelles et les adapter à la ville, cette idée plaît, également, à quatre lycéennes rennaises. Louise, Ève, Prune et Marie ont développé un projet d’agriculture urbaine entre elles. Ces lycéennes en classe de terminale rêvent d’installer une serre sur le toit plat d’un immeuble. « Nous avons pensé à une serre en forme de dôme, à un système de récupération d’eau de pluie mais nous devons encore plancher sur tous les organismes à contacter pour concrétiser notre idée », déclarent-elles. Lauréates dans la catégorie lycée avec leur projet Serrotonines, elles vont recevoir des soutiens d’une entreprise.

Un accompagnement d’un an

« Nous resterons en contact pendant un an avec les jeunes du collège Georges-Pompidou [à Champtoceaux dans le Maine] », annonce Patrick Faisques, chargé des partenariats à la recherche de Veolia. Ils ont rencontré huit élèves de quatrième, un groupe entier composé de filles. « Le projet, intitulé Chicas factory, est dans l’air du temps et s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, une démarche à laquelle adhère notre groupe. » La rencontre avec des professionnels a permis aux collégiennes de vérifier la faisabilité de leur projet. « Nous rêvons de créer un quartier autonome et avions prévu d’installer des chaudières en sous-sol mais nous ignorions que cela était impossible à réaliser », expriment-elles au moment de la rencontre.

Malgré ça, le groupe Veolia s’est montré « surpris par la qualité du projet ». Et s’engage à apporter des pistes de réflexion voire faire visiter les locaux. « Nous manquons de techniciens et d’opérateurs capables d’apporter un savoir-faire technique doublé de compétences informatique et électronique, dans un contexte de plus en plus connecté », affirme Patrick Faisques.

Deux autres lauréats venaient du Havre, du collège Jean-Moulin. Le groupe Little Miss Sunshine a remporté le prix en catégorie collège pour avoir proposé des passages piétons éclairés par des leds. Le projet des 4 Watt Else dont le but est de créer de l’énergie avec du son a retenu toute l’attention du groupe Engie. Ces élèves de 3e ont reçu le premier prix dans la catégorie énergie.

Pour la première année, un prix spécial coup de cœur a été décerné. À nouveau, le lycée du Havre a été récompensé. C’est le projet d’un groupe en classe de quatrième, Les Futuristes, pour créer un robot de compagnie aux enfants hospitalisés.