Antennes relais à Paris: Diminution de 30% du seuil d''exposition maximum et la 5G en 2020

CONSOMMATION Selon une charte relative à la téléphonie mobile, le seuil des émissions d’ondes électromagnétiques est abaissé de 30 % par rapport à celui de 2012…

C.An
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Prévoir le déploiement de la 5G et assurer la protection des Parisiens, un défi pour la ville de Paris (Illustration).
Prévoir le déploiement de la 5G et assurer la protection des Parisiens, un défi pour la ville de Paris (Illustration). — C.A

« Il reste des oppositions locales à l’installation d’antennes relais sur la capitale », reconnaît Julien Bargenton, adjoint en charge des finances de la ville de Paris. Fin mars, une charte relative à la téléphonie mobile sera soumise au vote de la ville de Paris et des opérateurs Bouygues Telecom, SFR Group, Free Mobile et la Fédération française des télécoms (FFT). Après neuf mois de discussions, parfois « trapues » selon les termes de Julien Bargenton, une nouvelle mesure de référence a été définie et abaissée de 30 %.

En 2012, le seuil d’exposition maximum avait été fixé à 7 V/m dans les lieux de vie fermés. Pour 2017, il passe à 5 V/m, « c’est la référence qui permet d’atteindre un équilibre par rapport aux besoins technologiques et pour réduire la réalité d’exposition des Parisiens », soutient l’adjoint à la mairie Julien Barenton.

Vigilance accrue. « Nous voulons fixer une doctrine en matière d’onde électromagnétique. L’édition d’une charte va de pair avec la création d’un nouvel outil, un Observatoire municipal des ondes. Il est piloté par un comité d’orientation pour formuler des avis ou un bilan. Le ministère de l’Environnement, un représentant du Conseil de Paris, les associations spécialisées, l’agence nationale des fréquences, l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses), soit 20 membres en tout, constituent cet organe de contrôle et de surveillance des ondes électromagnétiques. « Nous étendons notre stratégie de surveillance », déclare l’adjoint à la maire de Paris.

Plus de 2.000 antennes à Paris. Impossible à ce jour d’obtenir une quelconque indication des endroits où l’on retrouve le plus d’antenne, de savoir où seront posées les prochaines ni les places disponibles. Mais pour connaître les seuils auxquels les Parisiens sont soumis, « le mieux, c’est de se référer à la Cartoradio de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) », défend Julien Barenton. Certes, si vous cliquez sur les zones rouges, vous pouvez lire le total d’émissions électromagnétiques émises sur différents quartiers et leurs origines. « Il est très rare que le seuil soit dépassé. Cela doit se compter sur les doigts d’une main », annonce Julien Barenton. La capitale dispose de 2.240 antennes-relais. « Les demandes pour déployer de nouvelles installations ou les modifier sont à peu près équivalentes, nous avons reçu 2.250 dossiers entre 2013 et 2015. » Parmi les opérateurs les plus demandeurs, vous trouverez « Free. Cet opérateur continue de se développer », avance Julien Barenton.

Des Parisiens appelés à tester l’émission d’ondes. Si jamais vous mesurer les émissions d’ondes électromagnétiques chez vous et qu’elles dépassent le seuil fixé, l’opérateur dispose de trois mois de délai pour modifier l’émission de l’antenne. Entre 2013 et 2015, près de 1.900 mesures ont été effectuées sur la capitale.


La ville de Paris recueille les demandes des Parisiens désireux de faire intervenir un professionnel pour mesurer le total d’ondes émises à son domicile. Le délai de traitement est d’environ un mois. Le test mené par des laboratoires accrédités par l’Etat reste gratuit. En parallèle, d’autres mesures sont effectuées dans les logements sociaux et établissements publics. « Notre but, précise Julien Barenton, consiste à rassembler les plus d’études possibles dans les étages élevés car les plus exposés sont ceux placés au niveau du champ d’émission des antennes. »

La 5G en 2020. « Nous recevons des retours individuels et associatifs lors de la pose d’antenne », affirme Julien Barenton. Un processus bien défini est prévu avant d’attribuer de nouvelles antennes ou d’en réaménager des existantes. « D’abord, des analyses d’émissions prévisionnelles sont fournies et les mairies d’arrondissement valident ou pas le projet d’installation. En cas de refus de leur part, la demande d’installation ou de modification passe devant la commission définie selon notre charte. » L’arrivée de la 5G prévue pour 2020 est intégrée à la charte. « De nouvelles bandes de fréquence devront être octroyées et nous avons intérêt à les déployer parce que la téléphonie mobile fait partie du service public », souligne l’élu. D’autres précautions sont prises. « Le seuil est applicable à toutes les nouvelles technologies, tout opérateur confondu. »

La mairie de Paris s’engage ainsi pour rester une capitale numérique mais protectrice vis-à-vis de l’émission des ondes électromagnétiques.