Paris: La RATP va embaucher davantage, notamment chez les agents de sûreté

EMPLOI La RATP va recruter 3.100 personnes cette année, dont 100 agents du GPSR (Groupement de protection et de sécurisation des réseaux). « 20 Minutes » a suivi Caroline, 35 ans, dans ce travail de terrain…

Romain Lescurieux

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Caroline, agent de sûreté du GPSR (Groupement de protection et de sécurisation des réseaux) au sein de la RATP
Caroline, agent de sûreté du GPSR (Groupement de protection et de sécurisation des réseaux) au sein de la RATP — R.LESCURIEUX

Statique sur le quai, elle scrute à droite, puis à gauche. Et d’un pas décidé, elle part au moment où les portes du RER A se referment. Ce mardi soir, entourée de deux collègues et slalomant entre les usagers de la Gare de Lyon (12e arrondissement), Caroline assure sa mission de sécurité, comme elle le fait cinq jours par semaine, depuis maintenant trois ans, au sein du GPSR (Groupement de protection et de sécurisation des réseaux).

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Cette année,la RATP lance un grand plan de recrutement (voir encadré) en embauchant notamment 100 agents du même statut que Caroline. Âgée de 35 ans, cette mère de famille revient pour 20 Minutes sur ce parcours professionnel et cette vie avec l’uniforme. Un métier où évoluent cinquante femmes sur 1.000 salariés. « On m’avait dit : “Tu verras, ce n’est pas évident d’être une femme dans ce milieu vis-à-vis des collègues ou des usagers.”. Au final cela se passe très bien », note-t-elle.

Habilité à verbaliser et interpeller

Après dix ans de carrière dans la formation professionnelle, Caroline a « laissé tomber » ce domaine pour s’orienter vers la sûreté. « C’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. J’ai toujours aimé le travail d’équipe et de terrain », explique-t-elle. Il y a près de quatre ans, elle a donc passé des tests généraux et sportifs et a ensuite commencé trois mois de formation théorique, pratique et juridique.

Puis, elle est partie « sur le terrain » : Pendant deux ans, àVitry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour le réseau bus, et ensuite à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) pour le réseau ferré. Dans le cadre du plan Vigipirate, elle est également régulièrement déployée à la Gare de Lyon ou encore dans les stations Nation et Bastille. Toujours avec la même mission.

Le GPSR ce mardi soir à Gare de Lyon (12e arrondissement)
Le GPSR ce mardi soir à Gare de Lyon (12e arrondissement) - R.LESCURIEUX

Que soit la cigarette au sein des gares, les pieds sur les banquettes des rames, les musiciens qui jouent sans autorisation ou encore les pickpockets, Caroline veille. En patrouille ou sur des points fixes, les agents – habilités à verbaliser et interpeller – sont « là pour la sécurité et le bien être des voyageurs, des collègues et assurer des missions d’aide et de lutte contre la fraude », détaillecelle qui travaille 40 heures par semaine pour un salaire oscillant entre 1.800 et 2.000 euros net, primes comprises. Un choix, qu’elle dit ne regretter à aucun moment.

« Parfois, des gens sont ravis de nous voir, d’autres sont contre nous »

« Il faut aimer le travail d’équipe et avoir une aisance en matière de communication », s’exclame Caroline, la gazeuse dans une poche, le tonfa dans une autre. Selon elle, le plus important est de « garder la maîtrise de soi ». « Nous n’avons pas toujours des personnes compréhensives en face de nous. Il faut donc arriver à créer un dialogue sans que ça parte dans une situation dite dégradée. »

De manière générale, elle dit évoluer entre deux phases. « Parfois, des gens sont ravis de nous voir. Certains nous remerciaient après les différents attentats. Et puis, il y a aussi des personnes qui vont clairement être contre nous. » Une situation qui oscille en fonction du contexte et des événements. « Par exemple avecl’affaire Théo, je me suis retrouvée face à des gens qui avaient une réelle haine du bleu », dit-elle. « De toute façon, il faut prendre du recul. Ce n’est pas la personne qui est visée mais l’uniforme. Une fois l’équipement enlevé, « nous sommes comme tout le monde ».

La RATP va recruter cette année en CDI plus de 3.100 salariés en Ile-de-France, dont 100 agents de sécurité, 230 conducteurs et conductrices de métro, 250 agents de maintenance, 400 agents des stations et gares et 1.500 conducteurs et conductrices de bus. 600 postes sont également à pourvoir dans le domaine de l’encadrement. « Cette dynamique est liée aux nombreux projets en cours et à venir de la RATP, aux besoins pour l’exploitation et la maintenance du réseau et aux départs en retraite », indique Jean Agulhon, DRH de la RATP