Paris: Du basilic, de la menthe, du thym… Des jardins urbains poussent sur les toits de la RATP

CONSOMMATION Aéromate, un potager urbain, projette de faire pousser 5.000 plantes et un financement participatif avec Miimosa vient d'être lancé…

Camille Anger

— 

Les herbes aromatiques avec la start-up Aéromate poussent sur les toits de Paris (Illustration).
Les herbes aromatiques avec la start-up Aéromate poussent sur les toits de Paris (Illustration). — Aéromate

Plutôt basilic, sarriette, mélisse ou menthe chocolat ? La question va bientôt se poser pour des agents de la RATP. Non pas pour choisir un nouveau menu mais pour repartir avec des paniers d’herbes aromatiques. Ces herbes poussent au-dessus de leur tête. L’idée vous paraît saugrenue ?

Des variétés introuvables sur le marché

Michel Desportes, Louise Doulliet et Théo Manesse, âgés de 23 à 27 ans, viennent de Sup Bio Tech ou d' Agro Paris Tech. Ils ont fondé une entreprise d’agriculture urbaine, Aéromate, depuis environ un an. Leur ambition de départ, c’est le local, voire « l’ultra-local ». Avant de se consacrer aux herbes aromatiques, ils ont pensé à faire pousser des tomates. Mais, « nous voulions concevoir une production locale adaptée à la demande de proximité. Avec les tomates, nous aurions été dépassés par les besoins, en termes de clientèle mais également d’espace tandis que les plantes aromatiques peuvent être vendues fraîches età un endroit proche de là où elles poussent », soutient Michel Desportes. Avec ses 37 variétés de basilic, Aéromate espère, également, faire découvrir des saveurs. « Nous faisons pousser de la salicorne, plus connue sous le nom d’herbe à huître, une plante jusqu’alors introuvable à Paris et seulement cueillie en Bretagne ou au Japon. »

Aéromate a trouvé écho auprès du pôle Immobilier agriculture urbaine du groupe RATP. Emeline Becq, chargée de mission, évoque « des objectifs forts et ambitieux. Nous contribuons à la politique de la ville de Paris mais avec des surfaces réduites. Quatre hectares de surfaces sont prévus en végétalisation dont un hectare en agriculture urbaine. Nous avons demandé aux fondateurs d’Aéromate de proposer principalement leur panier d’herbes aromatiques à nos agents. »

En un an, Aéromate a presque multiplié par dix sa surface d’exploitation. Les trois ingénieurs ont mené une première phase de test sur les toits d’un immeuble dans le 11e arrondissement de Paris. « Les restaurateurs sont demandeurs de nos produits », affirme Michel Desportes. Aéromate lance, à présent, un partenariat pour cultiver davantage de variétés sur les toits des bâtiments de la RATP. La start-up dispose d’environ 500 m2 de surface dans les 12e et 2e arrondissements de Paris.

Des variétés de plantes aromatiques sur les toits de Paris (Illustrations).
Des variétés de plantes aromatiques sur les toits de Paris (Illustrations). - Aéromate

 

Avec zéro pesticide 

Les trois entrepreneurs se sont mis à l’hydroponie pour cultiver sur les toits de la capitale. Dans de petits bacs en terre, ils commencent par des micropousses de coriandre, moutarde, basilic, etc. Ensuite, ils rempotent chaque plant sur « des rails de culture ». De l’eau est projetée sur les racines à l’aide d’une pompe installée en circuit fermé.

Paris, le 27 février. Les plantes aromatiques cultivées en hydroponie échappent aux polluants présents dans la terre.
Paris, le 27 février. Les plantes aromatiques cultivées en hydroponie échappent aux polluants présents dans la terre. - C.A

« En 2016, nous avons fait pousser du basilic sur un mètre de large et un mètre de haut. Cela nous a juste demandé une cuve, un tuyau et de l’eau », détaille Michel Desportes.

« Nous avons effectué des contrôles sur nos plants et aucune trace de polluant n’a été détectée », précise le jeune entrepreneur. D’autres projets suivent et devraient favoriser l’entretien d’un écosystème avec l’installation d’un nichoir à faucon, d’hôtel à insectes, la pose de ruches. Aéromate collecte actuellement des fonds via le site de financement participatif Miimosa.