Affaire Théo: Heurts entre policiers et manifestant à Paris, débordements à Rouen

MANIFESTATION Des manifestants cagoulés ou masqués, ont mis le feu à des poubelles et jeté des projectiles contre les policiers, qui ont répliqué avec des tirs nourris de gaz lacrymogènes...

20 Minutes avec AFP

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Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le Nord de Paris pour dénoncer les violences policières
Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le Nord de Paris pour dénoncer les violences policières — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Quelques centaines de manifestants se sont rassemblés de manière « spontanée » ce mercredi en fin de journée dans le nord de Paris pour dénoncer les violences policières en lien avec l'« affaire Théo », donnant lieu à des quelques heurts avec les forces de l’ordre et des dégradations, selon des journalistes de l’AFP et du Parisien. A Rouen, 21 manifestants ont été interpellés dans le même contexte.

Sous le métro aérien Barbès, étroitement quadrillés par les forces de l’ordre et débordant sur la chaussée, ces manifestants, parmi lesquels de nombreux militants antifascistes et anarchistes, ont allumé quelques fumigènes et brûlé des détritus.

« Face à la violence policière, soyons ingouvernables »

Quelques-uns, cagoulés ou masqués, ont mis le feu à des poubelles, jeté quelques bouteilles et d’autres projectiles contre les policiers, qui ont répliqué en chargeant les manifestants et en effectuant des tirs nourris de gaz lacrymogènes.

Un homme hissait une pancarte « violences policières : fin de l’impunité » et une banderole proclamait : « Face à la violence policière, soyons ingouvernables ».

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En scandant par intermittence « tout le monde déteste la police » ou « la police est raciste », des groupes ont tenté à plusieurs reprises de quitter le carrefour Barbès pour partir en cortège, avant d’être refoulés au moyen de lacrymogènes.

« Déchaînement de violence »

Peu après 20 h, le calme était revenu et le rassemblement s’était dispersé. Après la dispersion, une quinzaine de personnes ont cassé plusieurs abribus un peu plus loin, dans l’est parisien, a-t-on appris auprès d’une source policière.

Selon Le Parisien, plusieurs dizaines de jeunes gens cagoulés ont ensuite semé la panique du côté de République, entre le Cirque d’hiver et le quartier du Marais, « menaçant les consommateurs aux terrasses de bistrots et brisant des vitrines, notamment dans la rue de Turenne ». Les témoins cités par le journal évoquent un « déchaînement de violence ».

A Rouen, la manifestation de quelque 150 personnes a donné lieu à des débordements, se traduisant par deux blessés légers et 21 interpellations, selon la préfecture. «Assez rapidement, un groupe d'environ 70 irréductibles ont commencé à commettre des dégradations», a déclaré à l'AFP son secrétaire général Yvan Cordier. Des vitrines ont été brisées et de nombreuses poubelles incendiées.

A Rennes, quelque 120 manifestants ont défilé dans le centre en fin d’après-midi, ainsi que quelques dizaines à Toulouse sans incident. A Lille, une partie des 500 manifestants a prolongé le défilé en retournant dans des ruelles où ils ont provoqué quelques dégâts. Une jeune fille a été interpellée.