Aulnay-sous-Bois: Cazeneuve plaide pour la fermeté en cas de dérives policières

FAITS DIVERS Des poursuites ont été engagées contre quatre policiers impliqués dans le faits divers...

Delphine Bancaud

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A Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. AP Photo/Alex Turnbull
A Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. AP Photo/Alex Turnbull — Alex Turnball/AP/SIPA

Pas question pour l’ancien ministre de l’Intérieur, devenu Premier ministre, de passer sous silence l’affaire de l’interpellation violente d’un jeune à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).  Bernard Cazeneuve a plaidé mardi pour « la plus grande fermeté » contre les forces de l’ordre qui se rendraient coupables de « manquements graves », dans une réaction aux poursuites engagées contre quatre policiers.

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« Je sais à quel point les policiers et les gendarmes sont exposés dans la lutte antiterroriste et aux violences, mais ils doivent être à chaque instant absolument exemplaires », a déclaré le Premier ministre dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

« Il y a une procédure judiciaire »

Un policier a été mis en examen pour viol et trois autres pour violences volontaires en réunion après une interpellation jeudi au cours de laquelle un jeune homme de 22 ans a été gravement blessé à coups de matraque au niveau de la zone rectale. Toujours hospitalisé lundi, Théo s’est vu prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Cette affaire a suscité une vive émotion et provoquéplusieurs nuits d’incidents dans son quartier.

Le parquet de Bobigny avait ouvert initialement une information judiciaire pour « violences », mais le juge d’instruction chargé de l’enquête a, in fine, décidé de poursuivre l’auteur présumé des coups de matraque télescopique pour « viol ».

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« J’ai été ministre de l’Intérieur, confronté à des situations où des policiers étaient en manquement grave par rapport à ce que sont leurs obligations déontologiques. Parce que les policiers, par l’uniforme qu’ils portent, incarnent l’État de droit, il faut être capable de prendre des décisions », a souligné Bernard Cazeneuve.

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux « a fait connaître ses décisions, il y a une procédure judiciaire » et « je souhaite que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire et qu’il y ait, dans le cadre de l’instruction en cours, une aide apportée à la famille qui est en souffrance et les réponses qu’elle est en droit d’attendre d’un État de droit », a-t-il ajouté.