Des enfants jouent sur les Champs-Elysées lors de l'opération «Journée sans voitures».
Des enfants jouent sur les Champs-Elysées lors de l'opération «Journée sans voitures». — J.E.E/SIPA

DEPLACEMENTS

Paris: Des rues pour les enfants et sans voitures, c'est pour bientôt dans la capitale!

D’ici 2020, chaque arrondissement devrait compter au moins une rue réservée aux jeux d’enfants…

De nouveaux projets de Rues aux enfants devraient se concrétiser cette année encore dans Paris et la grande couronne. Imaginez dans votre quartier une rue sans voiture, pour quelques heures ou pour toujours. A la place des véhicules, une rue remplie d’enfants, de parents, de voisins et de dessins à la craie. Cette utopie a un nom : la Rue aux enfants.

>> A lire aussi : A Paris, la ville veut faire bien plus de place aux piétons

Une ambiance très différente sans les voitures

« La Rue aux enfants peut prendre des formes très variées. Il peut y avoir des bibliothèques mobiles ou des artistes. Ou encore un événement très simple, sans installation particulière », rappelle Marianne Duffet, codirectrice de Vivacités Ile-de-France. Comme cette association, plusieurs structures accompagnent ces projets en Ile-de-France.

L’organisation Rue de l’Avenir en fait partie. Elle veut porter une autre idée de la ville pour rééquilibrer l’espace public, entre piétons et automobilistes. « Une rue sans voiture, c’est une ambiance très différente », analyse Denis Moreau, président de cette association qui chapeaute l’organisation et la diffusion des Rues aux enfants. « On souhaite populariser le terme de ville apaisée, avec des vitesses limitées, une circulation automobile réduite. »

Une manière aussi d’éduquer les plus jeunes. « On leur donne une autonomie pour leur permettre de développer leur confiance en eux, poursuit Denis Moreau. Cette ville nouvelle doit changer leur idée de la rue, loin d’un modèle envahi par les voitures ou les places de parking. »

>> A lire aussi: Couvert, piéton, festif… Quel avenir pour le périphérique?

Et si vous la croyez réservée aux plus petits, détrompez-vous. La Rue aux enfants a pour but de retisser un lien social entre voisins, mais aussi avec les plus âgés. « A partir du moment où vous faites venir les enfants, vous faites venir tout le monde », résume Marianne Duffet.

Des riverains mitigés

Ces projets se sont multipliés à Paris depuis le vote du budget participatif 2014. « Cela faisait partie des propositions qui ont reçu le plus de votes des Parisiens », se souvient Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris, chargé de l’espace public. « L’objectif est de rendre la rue aux enfants, pour qu’ils en fassent un terrain de jeu. Il existe déjà des squares, mais avec la très forte densité des habitations parisiennes, cela ne suffit pas. »

Ces propositions entrent dans le plan Piétons, lancé par la mairie de Paris la semaine dernière. En 2017, les rues aux enfants devraient se multiplier : une rue au moins doit ouvrir dans chaque arrondissement de Paris, ainsi qu’à Orly (94), Fontenay-aux-Roses (92) ou Tremblay-en-France (93). C’est déjà le cas rue Bignon, dans le 12e arrondissement de Paris, où des travaux sont en cours pour fermer cette petite voie aux véhicules, entre une école et la mairie.

>> A lire aussi: Pourquoi les Parisiens vont préférer prendre Batobus que le métro

Mais leur réalisation dans les rues de Paris et sa banlieue rencontre des obstacles. Des autorités, d’une part, qui rechignent à donner les autorisations de bloquer des rues quand les habitants en ont besoin pour accéder à des garages souterrains par exemple. Des riverains d’autre part, effrayés à l’idée de perdre la tranquillité sous leurs fenêtres. Ces freins retardent la concrétisation de ces projets.

Malgré tout, la mairie de Paris espère la livraison de ces rues piétonnes d’ici 2020. La municipalité a prévu un budget d’un million d’euros pour aménager ces nouveaux espaces reconquis par les piétons.