Chasse aux appartements vides à Paris... La taxe sur les résidences secondaires triple!

IMMOBILIER Si vous possédez une habitation de vacances à Paris, vous devrez payer 60 % de taxe d’habitation en plus…

Lucie Bras

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Les résidences secondaires ont augmenté de 43% à Paris depuis 2002.
Les résidences secondaires ont augmenté de 43% à Paris depuis 2002. — ALLILI MOURAD/SIPA

Le Conseil de Paris a voté mardi le triplement de la surtaxe sur les résidences secondaires dans la capitale, contre l’avis de la droite.

20 Minutes vous l’annonçait il y a quelques jours, c’est désormais acté. Les propriétaires de résidences secondaires à Paris paieront désormais 60 % de taxe d’habitation de plus. Une manière de faire la chasse à ces appartements vides la majeure partie de l’année.

Un tarif dissuasif de 2.700 euros en moyenne

« Personne ne peut accepter que nous ayons autant de logements vides à Paris alors que nous avons tant besoin de logements pour les familles », a lancé Ian Brossat, l’adjoint PCF au logement de la maire PS Anne Hidalgo.

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D’après l’Insee, la capitale comptait 107.000 résidences secondaires en 2014, contre 75.000 en 1999.

Pour imposer cette surtaxe, Paris profite de sa situation de « zone tendue ». La ville a même choisi de voter la hausse maximum prévue par cette mesure rendue possible lors du vote du budget 2017 à l’Assemblée nationale.

Un « matraquage fiscal »

Cette augmentation, destinée également à lutter contre le nombre grandissant des meublés touristiques type Airbnb, qui raréfie l’offre locative traditionnelle, pourrait rapporter 43 millions d’euros, selon une estimation.

« Ce n’est pas un coup de massue, c’est du pointillisme fiscal plus retors », a lancé Jérôme Dubus (LR), selon qui les meublés touristiques « complètent une offre hôtelière insuffisante ».

Selon l’élu parisien PCF Jacques Baudrier, le triplement « ferait passer la taxe d’habitation moyenne concernée à 2.700 euros. Cela commence à être dissuasif et pourrait libérer des dizaines de milliers de logements et faire baisser les prix d’au moins 20 % », affirme l’élu.

Socialistes, écologistes et Parti de gauche ont voté pour. La droite, qui n’a pas voté ce texte, dénonce un « matraquage fiscal ».