Lycéen poignardé à Paris: Garde à vue, expédition punitive, ambiance sur place... Que sait-on?

SOCIETE Un lycéen de 17 ans a été tué lundi devant son lycée du 20e arrondissement sur fond de guerres des bandes. Un jeune a été placé en garde à vue…

R.L et L.Br

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Les policiers devant le lycée Charles-de-Gaulle à Paris (20e), lundi 30 janvier 2017.
Les policiers devant le lycée Charles-de-Gaulle à Paris (20e), lundi 30 janvier 2017. — ALAIN JOCARD / AFP

Madiara, 17 ans, élève en terminale au lycée Charles-de-Gaulle (20e arrondissement) est mort poignardé lundi après-midi. Dans la foulée, d’autres actes de violence ont eu lieu aux abords d’établissements voisins. Alors que la préfecture de police a déployé un dispositif de sécurité dans le secteur, des élèves sont encore sous le choc ce mardi matin. 20 Minutes fait le point sur la situation.

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Que s’est-il passé lundi après-midi rue Lignier ?

Il est 13 heures, ce lundi, lorsque Madiara, 17 ans, élève en terminale au lycée Charles-de-Gaulle (20e arrondissement) est poignardé lors d’une altercation avec un groupe de jeunes. « Il y a eu une bagarre devant le lycée, un contre un, avec coups de casque, coups de poing et puis y a eu un coup de couteau », a expliqué à l’AFP un lycéen. « Il s’est effondré et les jeunes l’ont laissé là », a précisé une source policière. Selon nos informations, une professeur de sport a tenté de porter les premiers soins. En vain. Le Samu et les sapeurs-pompiers sont arrivés sur place mais n’ont rien pu faire. Le lycéen est décédé.

Qui sont les suspects ?

Le ou les auteurs ont tout de suite pris la fuite. Certains sur un scooter. Selon une source policière citée par Le Parisien « l’un d’eux est également scolarisé à Charles-de-Gaulle ». Si les circonstances du drame restent encore floues, l’enquête confiée au deuxième district de la police judiciaire de Paris avance. Ce mardi matin, un jeune homme de 17 ans « impliqué » dans l’affaire était en garde à vue. Le jeune homme qui était recherché par les enquêteurs s’est présenté de lui-même. « On doit encore déterminer son degré d’implication », a précisé une de ces sources à l’AFP. « C’est un suspect intéressant », selon une autre source policière.

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Comment la tension est montée d’un cran dans le quartier ?

Quelques heures après le drame, vers 16 heures, un autre incident a eu lieu dans un établissement voisin. Une vingtaine de jeunes se sont dirigés vers le lycée Ravel, toujours dans le 20e. « Ils ont tenté de rentrer dans l’établissement. Le proviseur et son adjoint les en ont empêchés et il y a eu des échanges de coups », commente auprès de 20 Minutes, une source policière. A noter qu’un autre lycée, Paul Valéry, boulevard Soult (12e) a également été « visité » dans l’après-midi par des élèves du 20e. Un lycéen de 15 ans a été roué de coups. Hospitalisé, il souffre un léger traumatisme crânien.

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Quel est le lien entre le drame et ces expéditions punitives ?

« Les premiers éléments de l’enquête nous laissent penser que nous avons affaire à des bandes rivales, décrypte un policier auprès du Parisien avec d’un côté les soutiens de la victime et de l’autre, celui qui pourrait être l’auteur des coups de couteau mortels et qu’ils recherchent. » « C’est fort probable que ces expéditions et le drame soient liés », confirme auprès de notre journal, une source policière. Selon des élèves interrogés, des rivalités de bande existent dans le quartier, notamment autour du quartier Saint-Blaise.

Quelle est l’ambiance sur place ?

Alors que la préfecture de police a déployé un dispositif de sécurité dans le secteur, des élèves sont encore sous le choc ce mardi matin. « Se faire tuer en allant à l’école, ce n’est pas normal », a expliqué Yacine à notre journaliste présente devant le lycée Charles-de-Gaulle.

Lundi, le recteur d’académie Gilles Pécout s’est rendu sur place. La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a exprimé dans un communiqué sa « tristesse » et adressé ses « sincères condoléances à la famille et aux proches du lycéen ». « Une cellule médico-psychologique est mobilisée auprès des élèves et de l’ensemble de la communauté éducative et le restera aussi longtemps que nécessaire », a-t-elle ajouté. Mais certains élèves ne comptent pas s’y rendre. « Ça ne le fera pas revenir », lâche-t-on aux abords de l’établissement.