Un uritrottoir installé dans une ruelle.
Un uritrottoir installé dans une ruelle. — Faltazi

SOCIETE

Paris: Les deux premiers urinoirs écologiques installés ce mardi près de la Gare de Lyon

Deux urinoirs écologiques imaginés par la société nantaise Faltazi ont été installés ce mardi près de la Gare de Lyon (12e arrondissement). Une première dans la capitale…

L’Uritrottoir va « civiliser les pipis », annoncent ses créateurs. Deux urinoirs écologiques – équipés d’une jardinière fleurie, d’un urinoir et d’une caisse – créés par la société nantaise Faltazi ont été installés ce mardi près de la gare de Lyon, allée de Bercy (12e arrondissement). Une première dans la capitale.

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Ces mini-vespasiennes sèches, d’une capacité de 500 pipis pour l’une et 250 pour l’autre, seront ainsi à la disposition des usagers, comme des passants, pour leurs envies pressantes. Le but de la SNCF qui a commandé ces deux modèles : diminuer les incivilités liées à l’urine sauvage. Et ce, grâce à un principe simple.

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« Ecologique et sanitaire »

« Solution écologique et sanitaire », l’Uritrottoir s’installe dans « les recoins à risques d’épanchements » et « stocke les urines, dans un lit de matière sèche [copeaux de bois, sciure de bois, ou paille] qui sera, ultérieurement, composté sur une plateforme dédiée, à Montreuil »,explique Laurent Lebot, cofondateur de la société nantaise. Ce fumier servira ensuite à faire pousser de l’horticulture d’ornement.

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L’Uritrottoir sera entretenue par une entreprise délégataire. Celle-ci sera prévenue de quand les caisses sont pleines grâce à un système connecté et seront ainsi remplacées. « Nous estimons à un changement tous les 15 jours », note son associé, Victor Massip.

Victor Massip (à gauche) et Laurent Lebot de la société nantaise Faltazi
Victor Massip (à gauche) et Laurent Lebot de la société nantaise Faltazi - R.LESCURIEUX

Un système à 3.000 euros qui pourrait s’étendre

Adapté pour être implanté dans la rue et se fondre dans le décor urbain, l’objectif de l’Uritrottoir sera aussi de « freiner l’odeur d’urine », poursuit-il. En effet, le carbone présent dans la paille – associé à l’azote dans l’urine – permet, en plus de créer un engrais viable, d’éviter toute émanation. Le prix de cet urinoir écologique est estimé à 3.000 euros. Et il pourrait être de plus en plus présent aux abords des gares de la capitale.

« Nous verrons d’ici quelques mois si nous allons dupliquer ce système au niveau d’autres gares parisiennes et françaises », indique-t-on chez SNCF Gares & Connexions. La Ville de Paris se montre également intéressée.

Et pour les femmes ?

« C’est joli, ça s’intègre bien et c’est pratique. Mais les hommes sont encore une fois, plus avantagés que nous », commente près de l’urinoir, Hélène, 69 ans, en se demandant si un système pour un public féminin peut s’envisager.

« Aujourd’hui, nous avons ciblé la problématique : ce sont généralement des hommes qui urinent partout et sont à la source de ce problème que nous essayons de traiter. Après, on pourrait imaginer un dispositif pour les femmes mais c’est beaucoup plus long car il faut créer une sorte de paravent. Mais c’est faisable et c’est sur nos planches à dessins », assure Victor Massip.