Paris: Couvert, piéton, festif… Quel avenir pour le périphérique?

URBANISME Le groupe Les Républicains va déposer au Conseil de Paris, qui se déroule à partir de ce lundi, une délibération portant sur la transformation du périphérique…

Romain Lescurieux

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Illustration: Circulation sur le périphérique parisien, le 4 janvier 2014.
Illustration: Circulation sur le périphérique parisien, le 4 janvier 2014. — AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

L’avenir du périph est de retour sur le tapis. « Nous proposons une vision d’urbanisme entre Paris et la banlieue », glisse Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe parisien Les Républicains (LR). Sa formation déposera au conseil de Paris – qui débute ce lundi – une délibération pour transformer le périphérique. Et pas n’importe quelle mutation. Trois ans après sa promesse électorale, elle ressort du chapeau le projet d’une couverture « progressive » de cette autoroute urbaine, à l’échelle de plusieurs décennies.

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Selon cette proposition que 20 Minutes a pu consulter, le groupe LR souhaite à travers ce système casser cette « barrière physique ancrée dans la culture des habitants de la métropole » qui a « plutôt tendance à se renforcer qu’à s’estomper ».

Visuel d'un des projets du groupe LR
Visuel d'un des projets du groupe LR - DR

La couverture du périphérique : « Une ardente nécessité »

« La couverture du périphérique et des emprises pénétrantes ferroviaires n’est pas une utopie mais une ardente nécessité. C’est favoriser l’inclusion de ses riverains dans la capitale, alors que les projets médiatisés ces dernières semaines se concentrent sur l‘hypercentre de Paris », note le groupe.

« Source d’inspiration pour les architectes du monde entier », ce périphérique, qui n’a pas la même physionomie d’une porte à l’autre, pourrait par exemple accueillir sur certains tronçons, « une couverture légère sous forme de panneaux solaires » quand d’autres zones seraient purement « couvertes » ou « enfouies ». Un moyen, d’après le groupe, d’estomper le bruit et de canaliser les émissions de polluants, le long de cet axe de 35 kilomètres de long, près duquel vivent 10.000 Parisiens. Mais à quel prix ?

Si le projet de 2014 avait un coût avoisinant les 11 milliards d’euros, la version 2017 n’est pas encore chiffrée. Mais quelques pistes de financement sont avancées. Prenant la forme d’un appel à projets, l’ensemble des solutions retenues pourraient en partie être financées grâce à « la valorisation foncière des espaces couverts et des surlargeurs ». Ce portage pourra être accompagné par l’État et la Région, assurent Les Républicains, précisant que les communes riveraines doivent être associées à la réflexion de ces projets. De son côté, l’exécutif voit dans cette couverture du périphérique, une position purement « opportuniste ».

« Un nouveau prétexte pour nous faire un procès »

« La couverture totale est inenvisageable. En fait, l’essentiel de ce vœu sert à contester nos mesures : la mise en place d’unezone à circulation restreinte ou encore la fermeture des berges de Seine. Ils ont trouvé un nouveau prétexte pour faire un procès à la politique de circulation de la ville de Paris », dénonce le premier adjoint à la mairie de Paris, Bruno Julliard, interrogé par 20 Minutes. « Mais nous sommes fermes sur nos convictions. Il faut limiter la circulation automobile individuelle et polluante à Paris », ajoute-t-il, mentionnant que la question du périphérique reste ouverte.

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« Nous sommes favorables à limiter au maximum les effets négatifs du périphérique. Nous avons déjà pris beaucoup d’initiatives d’aménagement urbain pour avoir la meilleure couture entre Paris et sa banlieue. Nous avons limité la vitesse et nous avons encore des projets porte par porte », dit-il. Selon le premier adjoint « à terme, le périphérique ne pourra pas être l’autoroute urbaine qu’elle est aujourd’hui, car la place de la voiture va fortement diminuer », conclut-il. Dans ce sens, des élus ont des idées et des projets pour cet axe urbain qui a vu le jour dans les années 70.

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« Une journée festive sur le périph »

Le groupe écolo de Paris votera contre la délibération du groupe LR, qui va, selon les Verts, à l’encontre de leur conception de l’avenir du périphérique. « L’idée de couverture est une aberration en termes d’aménagement. Oui, il doit être transformé mais pas couvert », commente David Belliard, co-président du groupe écologiste qui compte se saisir de la brèche républicaine pour exposer son dessein.

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« Nous allons déposer un amendement à la niche LR faisant une contre-proposition à leur délibération avec notre vision d’un boulevard urbain et en demandant le plus rapidement possible une journée festive sur le périphérique - sur le même principe que la journée sans voiture - pour que chacun puisse se réapproprier cet espace : piétons, vélos, associations sportives, fêtes. Cette journée sera aussi une mesure sanitaire vu la pollution générée au quotidien par le périphérique », assure-t-on au sein de la formation.