Paris: Pas payés, les ouvriers de la rénovation de la station Châtelet-Les Halles se mettent en grève

SOCIETE Quatre jours de grève pour plus de vingt salariés du BTP à Paris. Voilà plusieurs mois qu'ils ne sont pas rémunérés...

20 Minutes avec AFP

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Des ouvriers du métro parisien sous-traitants du groupe BTP Vinci ont déclaré une grève (Illustration).
Des ouvriers du métro parisien sous-traitants du groupe BTP Vinci ont déclaré une grève (Illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Ils rénovent la gare de Châtelet-les-Halles, à Paris, avec des conditions de travail « scandaleuses ». Les ouvriers sous traitants de Vinci ont entamé une grève, lundi, car ils déplorent ne plus percevoir de salaire depuis plusieurs mois, rapporte l’AFP. Deux à huit mois d’arriérés de salaires sont dus d’après les ouvriers.

Mise en accusation du sous-traitant

Ces 24 ouvriers, selon les informations de France Bleu, sont pour la plupart d’origine turque. Ils souhaitent, également, obtenir leur embauche par Vinci. Le géant du BTP est en effet la maison mère de Sogea TPI, qui s’est vu confier ce chantier par la RATP, avant d’en sous-traiter l’exécution à une société dénommée FH Service.

« Ces conditions de travail sont incompréhensibles », affirme Patrick Liébus le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), dans un entretien à l’AFP. « Quand une entreprise répond à un appel d’offres à la RATP ou sur des marchés publics quels qu’ils soient, on vérifie que ses sous-traitants sont en règle », dit-il.

« Là on voit que des personnes ne sont pas déclarées pour certaines, par l’entreprise qui les emploie en sous-traitance, sur un chantier où il y a peut-être des risques physiques ou pour la santé », poursuit le patron de la Capeb. « C’est profondément scandaleux ».

Sortir de la logique « pas vu, pas pris »

Selon Patrick Liébus, la RATP, « à partir du moment où elle sait qu’il y a sur ses chantiers des salariés de sous-traitants qui sont traités de cette façon-là, devrait s’engager ». Il souhaite, « si tout cela est avéré », une sanction « à la hauteur de l’infraction, pour que des entreprises importantes arrêtent de se dire : "pas vu, pas pris" ». Et estime que la nouvelle carte d’identification professionnelle des salariés du secteur du bâtiment et des travaux publics fera reculer les abus, car elle nécessitera de vérifier « la légalité d’installation de l’entreprise, et des salariés, sur le territoire ».

Obligatoire et généralisée en février, elle concernera 500.000 entreprises et 2,5 millions de salariés - dont les intérimaires et les travailleurs détachés d’entreprises étrangères.

Le géant du BTP Vinci a annoncé jeudi « étudier les conditions d’une embauche » de ces salariés de FH service.

De quoi susciter des réactions

Ces carreleurs affirment n’avoir ni contrat de travail, ni fiches de paie, ni équipements de sécurité alors qu’ils sont exposés à des produits chimiques, des poussières et de l’amiante.

Au troisième jour de grève, mercredi, Vinci a décidé de mener une enquête interne et la RATP a porté plainte contre X, rapporte Batiactu. Le géant du BTP a reconnu des retards dans les paiements de salaire pour des travailleurs en situation régulière.

Jean-François Carenco, préfet de la région d’Île-de-France et de Paris a saisi, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, le procureur de la République de Paris. Il juge « inadmissible que dans notre société, les droits des salariés soient ainsi bafoués, et précise, en tant que représentant de l’État, garant de ses lois mais aussi de la cohésion sociale de notre pays, je ne peux rester sans réagir. Il y va de la dignité de ces personnes ».