Paris: La ville veut faire bien plus de place aux piétons

MOBILITE Au programme d’ici 2020 : des trottoirs élargis, de nouvelles zones piétonnes, des liaisons pour créer de grandes promenades et, du coup, moins de place pour les voitures…

Fabrice Pouliquen

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Un passage piéton à Paris.
Un passage piéton à Paris. — "Paris street corner, from the promenade plantee" by Matt MacGillivray

Plus de passages piétons, des trottoirs élargis, de nouvelles zones piétonnes mais aussi la poursuite d’aménagements de grandes promenades dans Paris. Voilà, dans les grandes lignes, l’esprit de la « Stratégie Paris Piéton » que Christophe Najdovski, adjoint d’Anne Hidalgo chargé des transports, présentera lundi 30 janvier au conseil de Paris.

« Remettre à la voiture à sa juste place »

En une phrase, ce plan piéton prévoit « plus de places aux piétons, moins aux voitures ». Christophe Najdovski l’assume : « Les automobilistes ne sont pas une cible, nous remettons seulement la voiture à sa juste place. Aujourd’hui à Paris, elle dispose de 50 % de l’espace public alors qu’elle ne représente que 13 % des déplacements dans la capitale [selon les calculs du Monde]. » La marche, elle, représente 60 % des déplacements à Paris.

Ce plan piéton comprend toute une série d’aménagements à réaliser d’ici à la fin de la mandature en 2020. Le premier axe est de faciliter les continuités piétonnes et créer de nouveaux partages de la voirie. Cela passe par l’élargissement et/où la multiplication des passages piétons sur certains axes de la capitale. Rue de la Chapelle et rue Marx-Dormoy (18e) par exemple ou encore avenue Général-Leclerc (14e)rue de Rivoli (1er) ou sur les quais hauts.

Faciliter les continuités piétonnes passe aussi par la valorisation des grandes promenades à Paris. Sur ce volet, Paris prévoit la création d’une liaison, via la rue Jules-César (12e), entre la promenade plantée (qui va jusqu’à Vincennes) et le Bassin de l’Arsenal. « C’est un chaînon manquant aujourd’hui pour passer du bois de Vincennes aux berges de Seine rive droite, commente l’élu. L’objectif final sera de proposer aux Parisiens une promenade du bois de Vincennes à celui de Boulogne sans presque croiser de voitures. »

Et même des rues aux enfants

Ce « plan piéton » veut aussi favoriser la diversité d’usages de la rue. Cela passe par la création de nouvelles zones piétonnes, rue Stanislas (6e) ou rue Boulay (17e) notamment. Cela passe aussi par l’aménagement de nouvelles zones de rencontre. Sur ces portions de voirie, le piéton est prioritaire, les vélos peuvent rouler dans les deux sens et les voitures, si elles sont tolérées, doivent rouler à 20 km/h. En juin 2013, la ville de Paris lançait 23 zones de rencontre. « L’objectif est d’en avoir au moins une par arrondissement d’ici 2020 », explique ce lundi Christophe Najdovski. Des réflexions sont ainsi en cours  rue Michelet (6e) et rue Boissy d’Anglas (8e).

Même objectif pour « les rues aux enfants », nouvel aménagement qui consiste à installer dans des zones où la circulation automobile est interdite du mobilier spécifique et des marquages au sol dédiés aux enfants. Des aménagements sont ainsi en cours rue Bignon dans le 12e. Là encore, il s’agirait d’ici à 2020 que chaque arrondissement ait au moins sa rue aux enfants.

Plus de confort pour les piétons

Ce plan entend aussi élever les standards de confort des espaces publics pour les marcheurs. Il s’agirait par exemple d’augmenter la durée des feu-verts piétons, d’aménager des séparateurs pour mieux séparer les pistes cyclables des trottoirs, ou encore de mettre à disposition des sièges mobiles à ranger le soir. Des places de stationnement deviendraient aussi des terrasses ou des espaces de repos avec bancs. « Lyon le fait déjà », précise Christophe Najdovski.

Autre projet de taille : le réaménagement des portes de la capitale, pour y faciliter le cheminement des piétons aux limites de Paris. « Porte d’Italie par exemple, évoque l’adjoint d’Anne Hidalgo. On resserre les voies de circulation, on élargit les trottoirs et on aménage des pistes cyclables. »

« Les zones 30 doivent devenir la norme à Paris»

« La norme pour Paris sera la circulation à 30 km/h en dehors des grands axes », prévient aussi Christophe Najdovski, adjoint d’Anne Hidalgo chargé des transports en marge de la présentation de sa « Stratégie Paris piéton ». Actuellement, 50 % des rues parisiennes sont limitées à 50 km/h, 50 % à 30 km/h, évalue Christophe Najdovski. « L’idée est de laisser seulement 10 à 15 % des rues à 50 km/h à terme, sans compter les grands axes », assure l’élu.