Mise en examen de deux membres présumés de la filière djihadiste de Trappes

JUSTICE Trois suspects ont été interpellés mardi par la DGSI. L'un a été relâché, les deux autres ont été mis en examen... 

20 Minutes avec AFP

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Une voiture de police. (Illustration)
Une voiture de police. (Illustration) — GILE MICHEL/SIPA

Deux des trois hommes arrêtés mardi à Trappes (Yvelines) et soupçonnés d’avoir participé au financement des activités de Walid Hamman, un cadre français de Daesh tué en décembre, ont été mis en examen à Paris et écroués, a-t-on appris de source judiciaire dimanche.

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Les trois suspects, âgés de 28 à 32 ans, avaient été arrêtés mardi par la DGSI (Direction générale de la sécurité extérieure). L’un d’entre eux a été relâché, tandis que les deux autres ont été mis en examen par les juges d’instruction pour association de malfaiteurs terroriste délictuelle et financement d’une entreprise terroriste, a précisé la source.

Une filière d’acheminement de djihadistes à Trappes ?

Ces mises en examen sont intervenues dans le cadre d’une information judiciaire ouverte au pôle antiterroriste sur une filière d’acheminement de djihadistes depuis la ville de Trappes (Yvelines).

L’une des figures de cette filière, Walid Hamman, 32 ans, a été tué le 4 décembre par une frappe de la coalition internationale luttant contre l’EI, avec deux autres cadres de l’organisation jihadiste, Salah Gourmat et Sammy Djedou, avait annoncé le département de la Défense américain.

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D’après le Pentagone, les trois hommes, qui travaillaient ensemble « pour mettre au point des attentats en Occident », faisaient partie du réseau du Franco-Tunisien Boubaker El Hakim, également tué en zone irako-syrienne le 26 novembre.

1.700 individus ont quitté la France pour rejoindre Daesh

Proche d’Abdelhamid Abaaoud, coordinateur présumé des attentats du 13 novembre 2015, Walid Hamman, avait été condamné par défaut en Belgique à cinq ans de prison en juillet 2016 lors du procès de la cellule de Verviers, démantelée dix-huit mois plus tôt.

Selon un état des lieux dressé le 7 novembre 2016 par le Premier ministre de l’époque Manuel Valls, près de 1.700 individus ont quitté la France pour rejoindre les rangs djihadistes, en Syrie et en Irak.

Les autorités estiment qu’environ 700 y sont encore et que plus de 200 y sont morts. Environ 700 personnes sont visées par l’une des enquêtes judiciaires ouvertes à Paris (mandat d’arrêt ou mandat de recherche), un chiffre auquel il faut ajouter 348 personnes mises en examen, dont 217 en détention provisoire.

Au 1er janvier, 83 personnes avaient été condamnées dans des dossiers liés au djihad depuis 2012.