Paris: «Baba», la cantine des étudiants de Sciences Po et des cuistots migrants

SOCIETE Ils ont la vingtaine, viennent de Science Po Paris, et participent au concours étudiant Social Cup. Leur projet: valoriser les migrants avec leur cuisine...

C.An

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(De gauche à droite) Lou Blanco, Mathilde Prilleux et Marie Gadiaga, trois des cinq étudiants de Sciences Po prêts à lancer une cantine avec des réfugiés (Illustration)
(De gauche à droite) Lou Blanco, Mathilde Prilleux et Marie Gadiaga, trois des cinq étudiants de Sciences Po prêts à lancer une cantine avec des réfugiés (Illustration) — C.An

La « bonne bouffe » et l’envie d’aider. Voilà d’où vient la motivation des cinq étudiants de Sciences Po prêts à lancer leur cantine « Baba » avec d’anciens cuisiniers réfugiés à Paris. Et leur projet a été sélectionné pour la troisième édition de la Social Cup. À la clé pour le lauréat de ce concours de l’entreprenariat social, 3.000 euros et un an d’ incubation offerts pour mettre sur pied le concept.

Initiation à l’entreprenariat social

Charlotte Richard, responsable des partenariats au sein de la plateforme de crowdfunding ​kisskissbankbank fait partie du jury national chargé de distinguer les 12 projets étudiants présélectionnés. « La Social Cup permet de sensibiliser à l’entreprenariat social, précise-t-elle avant de détailler les critères de sélection : innovation, mission sociale environnementale, faisabilité économique et qualité de l’équipe. » Quant aux étudiants, leur objectif va bien au-delà de la participation au concours.

Pour Lou Blanco et Mathilde Prilleux, initiatrices de la cantine, « c’est l’idée de valoriser les migrants par leur cuisine qui prime ». Les deux étudiantes de Sciences Po ont passé une année en Afrique du Sud où elles ont été enchantées par les food market, leur « rendez-vous du samedi ». « Là, expliquent-elles, les blancs et noirs, d’habitude séparés en ville, se réunissent autour de grandes tablées et des étals de nourriture réalisés par des cuisiniers sur place ».

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Un souvenir marquant

Les deux jeunes filles, inscrites lors de leur licence à Sciences Po au programme France - Afrique, tentent de développer ce concept avec des réfugiés. Trois autres étudiants en master les ont rejoints, en septembre, après un appel sur Facebook pour monter ce food market. « Nous avons rencontré d’anciens chefs afghan ou syrien. Nous pensons permettre à des réfugiés de retrouver leur savoir-faire et d’exercer leur talent de cuisinier avec la vente de plats à emporter et l’organisation de repas de rue », détaillent-ils.

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Ces jeunes, tous dans la vingtaine, ont conscience de faire partie des « privilégiés » et leur projet s’appuie sur un modèle économique non lucratif, à contre-courant d’une vision nationaliste. Et pour « prendre les choses en main », ils ont un bon coup de fourchette !

La finale se déroule au Sensespace à Paris, mercredi 25 janvier. Vous pouvez également voter sur Twitter à cette date de 10h à 18h avec les #LaSocialCup #Nomduprojet.