Vitry-sur-Seine: Le street artist C215 s’expose dans le secteur de ses débuts

CULTURE Une exposition rétrospective du street artist C215 débute ce samedi jusqu’au 26 février, à la galerie municipale Jean Collet de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne…

Romain Lescurieux

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Christian Guémy alias C215 dans son atelier à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)
Christian Guémy alias C215 dans son atelier à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) — R.LESCURIEUX

Christian Guémy alias C215 n’a pas trop le temps. Prochainement, le Musée National du Sport à Nice lui laisse carte blanche pour une exposition intitulée « Athlètes ». Aussi, le street artist continue au fur et à mesure de rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo, en apposant régulièrement leurs portraits sur les murs de la rue Nicolas-Appert , dans le 11e arrondissement de Paris.

A partir de ce samedi, c’est une exposition rétrospective de son œuvre qui débute à la galerie municipale Jean Collet à Vitry-sur-Seine , dans le Val-de-Marne. La ville de ses débuts. Alors, dans son atelier et appartement de la commune limitrophe, à Ivry, ses fameux pochoirs s’entassent près des bombes aérosols et lui, répond aux questions tout en continuant son travail.

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De l’Ile-de-France à la scène internationale

Né en 1973 à Bondy (Seine-Saint-Denis), C215 commence le pochoir en 2006 dans le Val-de-Marne « pour réaliser des portraits de ma fille autour de chez elle », dit-il, attablé. Rapidement remarqué par Banksy, il participe en 2008 à un festival créé par le célèbre street artist britannique, le Cans Festival. Dès lors, la machine se met en route et ne cesse de s’arrêter. C215 s’affiche dans la rue, dans les galeries, à Paris, en France et aux quatre coins du monde. Et ce, toujours avec ce même style coloré, sur tous types de support et format et cette même envie de l’hommage qu’il tire « d’une inspiration personnelle et quotidienne », affirme-t-il, scalpel en main.

La liste de ses portraits est longue : Christiane Taubira, Albert Einstein, Lassana Bathily, Clarissa Jean-Philippe, Ahmed Merabet et ou encore Didier, un sans-abri croisé dans les rues de Paris. « Je voulais attirer l’attention sur lui car il semblait à même de pouvoir accepter un travail et des conditions d’hébergement. Nous avons lancé une sensibilisation et le maire du 13e arrondissement, Jérôme Coumet l’a fait prendre en charge », explique celui qui expose à Vitry jusqu’au 26 février.

« C’est là que j’ai développé le plus de choses ces dix dernières années »

Dans l’espace de la galerie Jean Collet, il proposera six thèmes qui lui sont chers : le chat, « un animal auquel je suis souvent associé ». La poste et les télécoms, « du mobilier urbain amené à disparaître ». Far Cry, jeu vidéo pour lequel C215 a réalisé des œuvres qui y sont disséminées. E = mC215 avec des portraits de figures scientifiques et d’explorateurs. Douce France « qui est une réflexion sur les identités et les origines françaises », via une vingtaine de portraits notamment de Louis XVI, Rousseau, Malraux, Houellebecq ou encore Pétain. Mais aussi toute une partie dédiée aux artistes : Pignon Ernest, Warhol ou encore Luz. Enfin, un portrait ornera l’entrée de la galerie. Celui d’Omar Raddad.

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« Cette exposition est destinée aux adultes mais aussi à un public jeune pour une initiation à mon travail avec un support pédagogique », commente-t-il en affichant sa fierté d’exposer à Vitry, devenue au fil du temps avec le 13e arrondissement, la « capitale mondiale de l’art urbain ». « C’est une reconnaissance intéressante car c’est là que j’ai développé les plus de choses ces dix dernières années. C’est une attention honorifique qui me touche beaucoup », lâche-t-il, en scalpant du papier.