Paris: MSF dénonce un «harcèlement» policier contre des migrants

SOCIETE Dans un communiqué, Médecins sans frontières (MSF) accuse la police de se livrer à du «harcèlement» et des «violences» contre les migrants se trouvant dans la rue...

R.L.

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Vendredi 4 novembre 2016, les CRS évacuent des milliers de migrants installés à Stalingrad, sous le métro, à Paris.
Vendredi 4 novembre 2016, les CRS évacuent des milliers de migrants installés à Stalingrad, sous le métro, à Paris. — AFP

Dans un communiqué au ton virulent, Médecins Sans Frontières a dénoncé ce week-end, « la systématisation des violences policières qui ciblent les centaines de migrants parisiens en errance dans la capitale ».

« Couvertures confisquées » et « gaz lacrymogènes »

« Alors que les températures sont devenues négatives, les violences policières se multiplient depuis une dizaine de jours, notamment dans les quartiers de la Chapelle et de Pajol : les forces de l’ordre réveillent les migrants en pleine nuit et leur confisquent leurs couvertures (...) utilisant parfois des gaz lacrymogènes pour les disperser, allant jusqu’à leur interdire de s’asseoir dans la file d’attente du centre humanitaire de la Chapelle où ils attendent une place d’hébergement », détaille MSF.

« En une semaine de consultations ambulatoires, les équipes de Médecins sans frontières ont déjà dû prendre en charge huit personnes proches de l’hypothermie », ajoute l'ONG. 

Le centre parisien « de premier accueil » pour migrants a ouvert le 10 novembre. Plus de 2.200 hommes seuls y ont été hébergés depuis, pour une durée de cinq à dix jours, mais il affiche vite complet. L’État et la Ville de Paris ont promis 200 places supplémentaires. De son côté, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a défendu dimanche le travail des policiers.

« Il faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers »

« Il faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers », a-t-il lancé lors du « Grand jury » RTL-LCI-Le Figaro. « Je ne partage absolument pas cette vision », a-t-il poursuivi. 

« Ce que font aujourd’hui les forces de police, c’est de la mise à l’abri de personnes qui sont vulnérables », a répliqué le ministre. Le « travail » des policiers, « c’est de continuer à (le) faire, avec toute l’humanité qui est consubstantielle à (leur) responsabilité », a-t-il insisté. « C’est vrai, quelquefois, il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l’abri quelqu’un », a-t-il ajouté.

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