Olivier Régis, un «enfant de Montmartre» veut devenir président de la République

ELECTIONS Le candidat, conseiller municipal à Bezons (Hauts-de-Seine) convie la presse dimanche pour leur certifier qu’il a obtenu les 500 parrainages. Mégalo ? « Non, assure-t-il. Juste envie d’être utile »…

Fabrice Pouliquen

— 

Olivier Régis, candidat à l'élection présidentielle de 2017 dans un café de la rue des Abbesses dans laquelle il a grandi.
Olivier Régis, candidat à l'élection présidentielle de 2017 dans un café de la rue des Abbesses dans laquelle il a grandi. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Lui aussi se lance dans la course aux présidentielles. Olivier Régis, 52 ans, n’en a pas fait l’annonce sur un plateau télévisé et il y a peu de chance qu’il y soit invité un jour. Cet enfant de Montmartre ne s’en offusque pas, reconnaissant lui-même qu’il est encore un inconnu aux yeux de beaucoup.

Des promesses pour l’instant

Olivier Régis ne désarme pas pour autant. Début septembre, il lançait sa campagne autour d’un parti créé sur-mesure : « Aimer la France ». Ce dimanche, il convie la presse pour annoncer qu’il a obtenu les fameux  500 parrainages des maires et élus locaux que demande le Conseil constitutionnel à chaque candidat pour valider une candidature.

>> A lire aussi : Inflation de prétendants pour la présidentielle 2017

A ce stade, il ne s’agit que de promesses. On ne connaît pas l’identité des élus qui lui auraient promis leur parrainage et rien ne leur interdit d’ici fin février, date du dépôt des parrainages, de changer d’avis. En attendant, Olivier Régis continue de battre la campagne, persuadé qu’il peut apporter sa contribution pour relever la France. C’est un adage qu’il dit s’appliquer en permanence : « Être utile, explique-t-il. Personne ne détient la vérité, tout le monde s’est trompé. Voilà pourquoi il faut être humble, travailler collectivement, apporter sa contribution au débat. »

Prédestiné « à devenir garçon de café »

Jeune, Olivier Régis était prédestiné à « devenir garçon de café », raconte-t-il dans le bistrot La Mascotte rue des Abbesses. « C’est dans cette rue que j’ai grandi, raconte-t-il. Mon père était un bistrotier aveyronnais. J’aurais pu suivre dans cette voie, mais j’ai mal tourné : j’ai fait des études d’économie. » L’enfant de Montmartre, comme il aime se présenter, poussera jusqu’au doctorat et enseignera un temps à l’université Paris-I. Déjà, le Parisien se passionne pour la politique. A 23 ans, il se présente aux législatives sur la 18e circonscription de Paris. Résultat : 0,72 % des voix, loin derrière le vainqueur : Alain Juppé.

>> Lire aussi: Paris bat son record d'inscriptions sur les listes électorales

Passée cette expérience, Olivier Régis travaille 17 ans dans des banques d’affaires, prend des responsabilités dans le Forum pour la gestion des villes, une association qui propose des formations pour les collectivités territoriales. Il monte aussi un cabinet de conseil ou rachète, il y a trois ans, Cour Carnot, un lycée privé hors contrat dans le 17e pour élèves en difficulté.

Bezons ne lui a pas réussi

OIivier Régis n’en n’oublie pas de faire de la politique. En 2008, il entre au conseil municipal de Bezons dans l’opposition, sous l’étiquette UMP. Pas un grand succès ! Celui qui brigue l’Elysée a perdu coup sur coup les municipales de 2008 et 2014. Surtout, il s’est fait lâcher par cinq colistiers au printemps 2015. Ils lui reprochent son manque de présence dans la vie politique de Bezons. « Mais aussi des mensonges répétés et un manque de transparence sur les comptes qu’il a eu à gérer, ajoute un de ses anciens amis politiques. Notamment lors de la campagne municipale à Bezons à 2014. » Cet ex-allié lance : « Je ne crois pas un seul instant qu’il a ses 500 parrainages. »

L’enfant de Montmartre a aussi été dans le collimateur du Canard enchaîné pour certaines de ses pratiques à la tête du Forum pour la gestion des villes, aujourd’hui en grande difficulté financière. On lui reproche d’avoir utilisé sa société Régis Conseils pour faire payer au Forum des prestations qu’il effectuait avec la casquette de l’association.

Marie Soller, sa femme et qui s’occupe de sa communication, se défend dans un éclat de rire : « On ne jette des pierres qu’à un arbre qui porte des fruits. L’article du Canard ? Des ragots colportés pour lui nuire lors des municipales. »

« Ni droite, ni gauche, comme Macron. Mais plus-plus »

Reste ses idées. Olivier Régis en a une principale : « Créer un gouvernement d’union nationale à partir du rassemblement des bonnes volontés de gauche et de droite ». La proposition rappelle celle d’Emmanuel Macron. Olivier Régis assure qu’il y a une nuance : « Macron, c’est ni-ni. Ni droite, ni gauche. Moi je veux faire “plus-plus”, c’est-à-dire mettre autour d’une même table des personnes de sensibilités politiques différentes. De la confrontation des idées naît la démocratie. »

Il détaille le reste de son programme dans Pour un gouvernement d’union nationale, un livre dans lequel il expose ses 21 propositions pour bouger la France. Y figure l’abaissement de l’âge légal du vote de 18 à 16 ans, l’ajout de grands électeurs tirés au sort au Sénat, ou encore le rachat de la dette publique par les citoyens…