Le plan contre le bruit des avions descendu en flèche

TRANSPORTS Les associations ne sont pas convaincues par les mesures annoncées ce mardi...

Mickaël Bosredon

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Air France a fermé sa ligne Avignon-Orly, jugée trop peu rentable.
Air France a fermé sa ligne Avignon-Orly, jugée trop peu rentable. — Jack Guez AFP/Archives

Beaucoup de bruit pour rien? Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a annoncé ce mardi avec son homologue des Transports Dominique Bussereau, un plan pour réduire le bruit des avions aux abords des aéroports parisiens. «D'ici à trois ans, nous voulons deux fois moins de bruit» a-t-elle assuré. Pourtant les mesures annoncées ne semblent pas à la hauteur de ces ambitions, selon plusieurs associations.

Relèvement de l'altitude «insuffisant»

Ce plan prévoit notamment le relèvement progressif à partir de 2008 de 300 mètres de l'altitude de tous les avions à l'arrivée dans la région parisienne. Les décollages en soirée, entre 18 et 22 heures seront davantage taxés. Des moyens financiers supplémentaires vont être aussi alloués pour aider les riverains à l'insonorisation de leur logement. Et le gouvernement doublera pour 2008 le budget de la recherche aéronautique, qui passera de 52 millions d'euros à 104 millions.

«Nous apprécions Mme Kosciusko-Morizet, indique Pierre Feuillastre, vice-président de l'Advocnar (Association de défense contre les nuisances aériennes autour de Roissy), elle nous a reçus récemment et s'est montrée à l'écoute. Mais ces mesures ne sont qu'une première étape, qui permettra d'alléger très légèrement le bruit de ceux qui se situent entre 10 et 30 kilomètres des aéroports, et ne changera rien pour les riverains les plus proches.» En Ile-de-France, 500 000 personnes sont survolées par des avions à moins de 1.000 mètres, 3 millions par des avions à moins de 3000 mètres.

Même son de cloche pour Philippe Houbart, vice-président du Cirena (Collectif contre les nuisances aériennes) : «Le relèvement de 300 mètres va dans le bon sens mais est largement insuffisant. La vraie solution c'est d'adopter comme à Londres des techniques de descente plus tardives, avec un angle d'approche à 5 degrés.»

«Limitation des mouvements d'avions» demandée

Les deux associations se rejoignent pour affirmer que les «seules solutions satisfaisantes» seront «la limitation des mouvements d'avions à 540.000 par an à Roissy» et le déplacement des vols de nuit - essentiellement des vols de fret - à l'aéroport de Vatry.

Vols L'Advocnar rappelle que le nombre de mouvements aériens à Roissy est passé de 395.000 en 1997, année de création du hub de Roissy, à 540 000 aujourd'hui, et que les prévisions parlent de 700.000 à 800.000 mouvements ces prochaines années. «Cela pourrait vouloir dire des vols toutes les 30 secondes au-dessus de certains riverains», s'inquiète Pierre Feuillastre.