«Les avions sortiront leur train d'aterrissage plsu tôt et plus haut»

TRANSPORTS Pour remédier aux nuisances aériennes, le gouvernement devrait proposer ce mardi...

Catherine Fournier (avec AFP)

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Un avion passe devant la pleine lune au dessus de Budapest, Hongrie, le 25 septembre 2007.
Un avion passe devant la pleine lune au dessus de Budapest, Hongrie, le 25 septembre 2007. — REUTERS

Voler plus haut pour faire moins de bruit. Le gouvernement a proposé ce mardi le relèvement de 300 mètres de l'altitude des avions à l'approche des aéroports d'Ile-de-France, dans le cadre de son plan contre les nuisances aériennes dévoilé par «Le Parisien».

«Le vol risque de durer plus longtemps»

Cela «peut paraître peu mais le gain sonore est énorme puisqu'il divise par deux la puissance sonore émise par un avion», précise la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet dans les colonnes du journal. «Cette amélioration sera ressentie par ceux qui sont survolés par les avions dans un rayon de 10 à 25 kilomètres autour d'un aéroport», ajoute-t-elle.

Concrètement, les avions de ligne devront entamer leur processus de descente «plus haut et plus tôt en sortant le train d’aterrissage et les volets à environ 1.500 mètres, contre 1.200 actuellement, explique Geoffroy Bouvet, porte-parole du Syndicat national des pilotes de ligne. «Les plus grandes nuisances sonores ont lieu à l’approche de l’aéroport et non au décollage», confirme-t-il, soulignant que «la mesure gouvernementale ne fait que formaliser un processus démarré en 1997».

Dommage collatéral, le vol risque de durer un plus longtemps, les avions ralentissant plus tôt. «Il ne s’agira que de 45 secondes, mais qui peuvent coûter cher à l’arrivée», relève Geoffroy Bouvet. Notamment en carburant. Y’a-t-il un risque de polluer davantage ? «C’est une goutte d’eau par rapport à ce qu’il faudrait faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des avions», réagit Yann Wehrling, porte-parole des Verts. A savoir, «taxer le kérosène et augmenter le prix des billets. En attendant, réduire les nuisances sonores est une bonne chose.»

Nouvelles taxes pour les compagnies

La mesure sera-t-elle aussi bien accueillie par les compagnies? Le plan prévoit en tout cas de créer une taxe de nuisance aérienne de soirée, qui viendrait s'ajouter aux taxes déjà existantes de jour et de nuit. Selon «Le Parisien», un airbus A340 décollant d'Orly entre 18 et 22 heures devrait payer 345 euros, contre 83 aujourd'hui, et un Boeing 747, 4.392 euros (contre 1.059). Contacté par 20minutes.fr, Air France se contentait d'indiquer ce lundi qu'«elle participerait activement aux expérimentations menées à Orly et Roissy» contre les nuisances sonores. Ces nouvelles recettes alimenteront les aides aux travaux d'insonorisation pour les riverains des aéroports.

>> A venir, les réactions des associations contre les nuisances sonores.