Dépasser les clichés sur Paris

Magali Gruet - ©2007 20 minutes

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La première photo couleur de Paris a été prise en 1907, et elle représentait l'Hôtel de Ville. Ce n'est donc pas un hasard si depuis ce matin, tout juste cent ans plus tard, l'édifice accueille l'exposition « Paris en couleurs, des frères Lumière à Martin Parr »*.

Tous les procédés pour réaliser des clichés couleur, dont celui mis au point au début du XXe siècle par les frères Lumière, y sont représentés. Dans les années 1930, la création photographique est rythmée par la bataille que se livrent les laboratoires Kodak et Agfa pour inventer les meilleures pellicules. Une technologie nouvelle qui permet de mieux appréhender l'histoire de la capitale.

« Ce qui frappe, c'est l'aspect bariolé de Paris au début du siècle, alors que nous avons en mémoire les images grises de cartes postales », note Virginie Chardin, la commissaire de l'exposition. Les devantures des magasins étaient en fait très colorées, « rouge ocre pour les ventes de vin et de liqueurs, bleu pour les commerces », et une grande place était laissée à la réclame. « Les publicités allaient jusqu'en haut des immeubles, fait-elle remarquer. On en apprend beaucoup sur le mode de vie des gens. Plus que sur l'architecture, qui finalement n'a pas beaucoup changé. » Le contraste est encore plus saisissant sur les images de guerre. En 1914-1918, comme durant l'Occupation, Paris est « difficile à imaginer en couleurs ». Les clichés représentent ainsi les Parisiens en train se baignant dans la Seine en 1942, prenant des cours de natation, s'abreuvant aux terrasses des cafés et se baladant à vélo. Loin des images austères du rationnement alimentaire, celles-là « montrent que la vie pouvait continuer », commente Virginie Chardin.

Avec les années 1950 vient l'utilisation de la couleur pour « quelques reportages » mais surtout dans « les magazines de mode ». « Vogue a été le premier magazine à demander à ses photographes de se servir de Paris comme d'un décor pour ses modèles de mode », explique Virginie Chardin. En 1951, Paris Match se fend d'une édition « spéciale couleur ». Une rareté à l'époque. Enfin, des photographes plus contemporains comme Massimo Vitali ou Jean-Paul Goude ont immortalisé le Paris d'aujourd'hui.

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Le diaporama de l'exposition