A l'Opéra, la direction déchante

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L'Opéra sort de son silence. Pour pousser un cri d'alarme. Suite au conflit social qui touche l'institution parisienne (Garnier et Bastille) depuis le mois d'octobre, le directeur Gérard Mortier est sorti de sa réserve hier pour déplorer une situation « assez grave ». Selon lui, les pertes financières s'élèveraient à 3,1 millions d'euros. « On a renvoyé 47 267 personnes à la maison, soit plus de 5 % du nombre total de spectateurs sur la saison », a-t-il expliqué. Déjà dix-sept représentations ont été annulées et huit données en version réduites.

En fin de semaine dernière, les négociations ont tout de même avancé. Seuls SUD et la FSU ont refusé de signer le protocole d'accord. Ils veulent préserver leur régime constitué depuis toujours en fonction de la pénibilité de leur travail, traduit aujourd'hui par des efforts physiques et des horaires très flexibles. L'accord signé par les autres syndicats prévoit de maintenir les pensions de retraite à leur niveau actuel si les personnels travaillent un an et demi de plus qu'aujourd'hui et de les améliorer s'ils restent en activité au-delà. L'accord prévoit également une augmentation de la prime de départ et des salaires à l'ouverture des droits, ainsi que l'intégration des primes de fin d'année dans le futur régime de retraite complémentaire. Ce qui n'a pas empêché SUD, bien implanté chez les machinistes et les éclairagistes, de déposer un nouveau préavis de grève qui court jusqu'au 20 décembre. « Si les grèves se poursuivaient jusqu'à la fin du mois, les pertes pourraient monter jusqu'à 8 millions d'euros », s'est alarmée la direction, selon laquelle le taux de grévistes se situe autour des 5 % à 6 %.