Paris: Un grand projet pour dépoussiérer l’île de la Cité

ARCHITECTURE Le Journal du Dimanche a pu consulter un rapport de 56 pages commandé à des architectes par François Hollande  avec l’aval d’Anne Hidalgo imaginant ce que pourrait être l’île-de-la-Cité à l’horizon 2040…

Fabrice Pouliquen

— 

A quoi ressemblera l'île de la Cité en 2040?
A quoi ressemblera l'île de la Cité en 2040? — A. GELEBART / 20 MINUTES

Ils avaient pour mission d’imaginerl’Île­ de la Cité à l’horizon des 25 prochaines années. Dominique Perrault, l’architecte qui a réalisé la Bibliothèque François-Mitterrand, et Phillipe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, ont rendu leur rapport vendredi soir à François Hollande, président de la République, et Anne Hidalgo, maire de Paris, dans les salons de l’Elysée.

Une dalle de verre pour recouvrir le parvis de Notre-Dame

Le Journal du Dimanche a pu consulter en avant-première ce document de 56 pages et en dévoile les grandes lignes dans son édition de ce dimanche. Ce rapport contient 35 propositions pour dépoussiérer les 22 hectares de l’île, « qui ne parvient pas à incarner (sa) fonction de cœur battant de la ville », note Dominique Perrault. L’architecte constate que les Parisiens fréquentent peu l’île de la Cité, qu’un petit millier seulement de personnes l’habitent. Les touristes y affluent, « mais ils ne restent pas sur l’île », est-il observé dans le rapport. « L’île de la Cité n’est plus qu’un labyrinthe de citadelles administratives ».

Pour réveiller l’île de la Cité, Dominique Perrault et Philippe Bélaval proposent notamment de recouvrir le parvis de Notre-Dame d’une immense dalle de verre au-dessus de la crypte archéologique. « La façade de pierre de la cathédrale va se refléter sur ce sol en verre, lequel permettra de baigner la crypte archéologique de lumière naturelle et de faire le lien avec la Seine », imagine le rapport. « En sous-sol, les millions de visiteurs qui attendent aujourd’hui sous la pluie ou la canicule disposeront de services indispensables comme des toilettes ou une bagagerie », poursuit le rapport. Mais aussi de commerces et un accès à la station de métro, indique le JDD.

Moins de place aux voitures

Le rapport laisse aussi moins de place aux voitures. Ainsi, les quais sud de l’île de la Cité seraient entièrement piétonnisés et végétalisés. Les places de stationnement le long des quais laisseraient place à un « balcon de l’île », le long duquel seraient amarrés des bateaux et des barges accueillant des activités de restauration, de vie nocturne et de loisirs divers. Un débarcadère dédié au transport de passagers serait installé quai Montebello, précise aussi le JDD. Ce débarcadère permettrait d’accoster directement sur le nouveau parvis.

Enfin, Dominique Perrault et Philippe Bélaval ont aussi un grand projet pour la rue de Lutèce au cœur de l’île. Elle deviendrait une place majeure identifiée par un pavement spécifique. « Telle la place Saint-Marc de Venise », imagine le rapport.

A l’horizon 2040

Si la mission souhaite interdire le pont de l’Archevéché aux voitures, il n’est pas question dans ce rapport de bannir totalement la circulation automobile sur l’île de la Cité. Un point sur lequel Dominique Perrault et Philippe Bélaval sont en contradiction avec l’exécutif parisien. « Il est évident qu’à l’horizon 2040 le trafic automobile n’aura plus sa place sur l’île de la Cité à l’exception des bus, des véhicules de la préfecture de police de Paris et ceux de l’AP-HP, avance un proche d’Anne Hidalgo dans les colonnes du Journal du Dimanche.