Paris: Des œuvres d'art à la place des pubs dans le métro? (Mais rien qu'une semaine)

PROJET Montpellier l’a fait en juin 2017 avec Art Station, un projet qui a remplacé la pub dans une station de tram par les œuvres de 13 street-artistes. Les organisateurs veulent décliner le projet à Paris…

Fabrice Pouliquen

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Pendant une semaine, en juin dernier, les publicités à la station Corum, à Montpellier, avaient été remplacées par les oeuvres de 13 street-artistes.
Pendant une semaine, en juin dernier, les publicités à la station Corum, à Montpellier, avaient été remplacées par les oeuvres de 13 street-artistes. — / Laurent GASSENG

Des œuvres d’art à la place des traditionnelles pubs dans le métro parisien. Juste une semaine, juste pour quelques stations. L’idée, portée par une pétition en ligne, rencontre un joli succès si on en juge par les 12.927 internautes qui l’ont signée en un mois sur change.org.

Montpellier l’a fait

L’engouement n’est pas si étonnant. Du 2 au 30 novembre dernier, la RATP avait lancé unappel à idées auprès de ses usagers pour « imaginer les services de demain dans le métro ». D’une certaine façon, l’initiative s’est retournée contre elle, puisque la proposition qui a recueilli le plus de votes consiste « à enlever les écrans vidéos publicitaires dans le réseau métropolitain ». La deuxième ? «  Un métro garanti sans pub ».

 

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Transformer des panneaux publicitaires en œuvre d’art s’inscrit dans cette lignée. L’idée vient de Montpellier où le concept est devenu réalité en juin dernier avec la première édition d’Art Station, organisée par Cercle Rouge, plateforme de crowdfunding dédiée à l’art et à la culture, et Blended Art Gallery, une galerie d’art.

24 panneaux pub achetés comme n’importe quel annonceur

« Pendant une semaine, nous avons acheté, comme le ferait n’importe quel annonceur, 24 panneaux d’affiche publicitaire à la station de tramway Corum, par où passent chaque jour 80.000 voyageurs, raconte Boris Norbert, co-fondateur de Cercle Rouge. Treize street-artistes ont alors été invités a créé soit une œuvre d’art, soit deux, pour occuper pendant une semaine ces 24 panneaux publicitaires. »
Résultat ? Un joli succès que Cercle Rouge a mesuré aux nombres de réactions à la publication de vidéos et photos sur les réseaux sociaux. Mais même déjà en amont du projet : « Nous avons levé 5.000 euros de dons via une campagne de crowdfunding pour acheter justement les emplacements publicitaires », poursuit Boris Norbert.

Un vœu au conseil de Paris

En attendant d’organiser une nouvelle édition montpelliéraine d’Art Session – « sans doute en mai prochain » –, Cercle Rouge a bon espoir d’exporter l’idée dans le métro parisien. D’où cette pétition sur Change.org, lancée avec le blog Street Art Avenue. D’où aussi la rencontre avec Danielle Simonnet, conseillère de Paris (Front de Gauche). Celle-ci présentera au conseil de Paris, qui démarre lundi, un vœu demandant à la ville de Paris de soutenir le projet et d’engager une réflexion avec le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) pour faciliter sa mise en œuvre.

A Montpellier, Cercle Rouge et la Blended Art Gallery avaient pu s’en sortir avec la seule contribution des internautes. « L’afficheur, Clear Channel, avait accepter de casser les prix et nous attribuer une station tout entière ce qu’il ne fait jamais sinon, indique Boris Norbert. Si bien que les 5.000 euros suffisaient à financer cette première édition d’Art Station. »

L’exemple de CATS à Londres

A Paris, Boris Norbert le sait, le budget sera bien plus élevé. D’autant que Cercle Rouge a des ambitions. « L’idée serait d’organiser une édition sur une semaine, mais de décliner sur quatre ou cinq stations de la capitale, explique-t-il. On pourrait alors décliner le concept avec une station dédiée au street-art, une autre à l’art musée, une autre encore à la photographie. »

Boris Norbert comme Danielle Simonnet reconnaissent tous deux ne pas avoir la moindre idée de ce que pourrait coûter un Art Station à Paris. Sondée par 20 Minutes, la RATP renvoie vers Médiatransports, sa régie publicitaire que nous n’avons pas réussi à joindre depuis vendredi. Pour avoir un ordre d’idée, direction Londres. En septembre dernier, Glimpse, un collectif d’artistes anglais, avait fondé CATS (Citizens Advertising Takeover Service, (« le Service des citoyens qui veulent s’emparer de la publicité ») et avait remplacé toutes les affiches d’une station du métro de Londres par des portraits rigolos de chats. Coût de l’opération ? 27.000 euros.