Paris: «En quarante ans de métier, c’est la première fois que je vois autant de rats»

SOCIETE Six parcs parisiens sont actuellement fermés pour permettre des opérations de dératisation…

Romain Lescurieux

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La mairie a déclaré la guerre aux rats.
La mairie a déclaré la guerre aux rats. — R.LESCURIEUX

La guerre est déclarée. « Autant de rats à Paris, c’est du jamais vu », lance un agent de la ville. Face à une population de rats en nette augmentation dans la capitale depuis deux ans, la mairie de Paris a lancé un « plan d’action immédiat et ciblé » et de « grande ampleur ».

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Six parcs parisiens (voir encadré) sont actuellement fermés pour permettre des opérations de dératisation. Comme ce vendredi au square de la tour Saint-Jacques (4e arrondissement) où les dératiseurs ont posé une vingtaine de pièges pour éradiquer plusieurs centaines de rats qui grouillent entre carcasses de pigeon et détritus. « Ils sont très intelligents et se reproduisent très vite », indique-t-on en mairie.

« Quand on en voit autant, c’est qu’il y a beaucoup de monde en dessous »

La Ville reconnaît que les éradiquer est « impossible » mais qu’il faut « réduire significativement leur présence ». Alors, pour s’attaquer à ces rongeurs, dont l’adage populaire dit que leur nombre est dedeux rats pour un Parisien - il y a 2,2 millions d’habitants à Paris - la mairie veut les empêcher de sortir des égouts, les éliminer des sous-sols d’immeubles et de la surface.

Ça grouille au square de la tour Saint-Jacques
Ça grouille au square de la tour Saint-Jacques - R.LESCURIEUX

Les parcs et jardins de la ville eux « ont commencé à être clôturés et de nouveaux pièges sans risque pour l’environnement seront expérimentés », et le rebouchage des terriers est également opéré, indique le communiqué. Et pour cause. « Quand on en voit autant en surface, c’est qu’il y a beaucoup de monde en dessous », lâche Gilles Demodice, agent de la ville au département faune et action de salubrité. « En quarante ans de métier, c’est la première fois que je vois autant de rats », rigole, le nettoyeur de rongeur.

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« Le problème c’est que les gens les nourrissent »

« Nous posons des pièges contenant des appâts empoisonnés avec des anticoagulants ce qui fait mourir le rat d’hémorragie », explique l’agent. « Mais le rat n’est pas idiot, il préfère manger un bout de sandwich que nos appâts », nuance-t-il. Le cœur du « problème ». « Les gens les nourrissent », déplore Gilles Demodice. Effet Ratatouille, ou non, le rat ne fait en effet plus peur et les touristes n’hésitent pas à donner des restes de fast-food, de pique-nique ou du pain. « Les rats sont comme nous, ils cherchent la meilleure nourriture possible », surenchérit un agent.

Le piège en question
Le piège en question - R.LESCURIEUX

En 2014, au jardin du Carrousel, Marcel Elbaz, de Traitement-nuisibles, spécialiste parisien de la dératisation, déplorait déjà cette situation auprès de 20 Minutes. Selon lui, « les touristes laissent chaque jour de quoi faire un festin ». Pourtant, la présence de ces rats en grand nombre dans l’espace urbain pose « des problèmes sanitaires, esthétiques et économiques »

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« Via leur urine et leurs déjections, les rats peuvent apporter et transmettre des maladies. Ça représente un risque sanitaire important d’où l’intérêt de les éradiquer », affirme Didier Lafont, chef d’exploitation des jardins.

Les squares Cambronne et Garibaldi, dans le 15e sont fermés et traités depuis le 22 novembre. Le jardin Villemin dans le 10ème est fermé et traité depuis le 29 novembre. Le square de la Tour Saint-Jacques dans le 4e est également fermé et traité depuis le 29 novembre. Le jardin des rosiers dans le 4e est fermé depuis le 30 novembre. Le square Langlois sera prochainement fermé et deux autres sites d’opérations -square de la Roquette, boulevard Richard-Lenoir- vont également être traités sur le 11e arrondissement la semaine prochaine. Les opérations sont également lancées sur le  champ de Mars, où il va être procédé à des fermetures partielles et successives