Le coup de pompe de Vélib'

Sophie Caillat

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Ils font désormais partie du paysage parisien: les Vélib' gris souris sillonnent allègrement la capitale, et devraient largement dépasser le cap des 1,5 million de locations.
Ils font désormais partie du paysage parisien: les Vélib' gris souris sillonnent allègrement la capitale, et devraient largement dépasser le cap des 1,5 million de locations. — François Guillot AFP/Archives

«Hélas, avoir un Vélib' en état de fonctionnement est devenu quasi impossible. Plus de chaîne, pneus crevés... et j'en passe.» Ce témoignage posté par JM sur 20minutes.fr hier illustre bien l'exaspération de nombreux «vélibistes». Les grèves de la semaine dernière ont permis de tester les limites du système. Certes, des milliers de gens ont pu arriver à l'heure à un rendez-vous, mais combien d'autres se sont cassé le nez devant des stations pleines... d'engins hors service?

«JCDecaux a été débordé pendant les grèves», résume-t-on à la Mairie. Ce que conteste l'opérateur: «On est satisfaits du service rendu. Mais puisque les vélos ont été utilisés deux fois plus, ils ont été deux fois plus dégradés, sans tenir compte du vandalisme, qui a été pire que d'habitude», explique Rémi Pheulpin, directeur général de JCDecaux chargé des opérations. Un millier de bicyclettes ont été envoyées en réparation pendant la grève, et sur le terrain, les équipes d'entretien avaient été renforcées. Mais trop peu.

A l'Hôtel de Ville, le ton monte. «Selon mon propre sondage, pas loin d'un vélo sur trois était hors d'usage pendant la grève. La qualité de service exigée dans le contrat n'était pas au rendez-vous», tranche Céline Lepault, chef de projet Vélib' à la Mairie. Sévère, elle estime que «la période de rodage est terminée» et attend «un plan de remise en état de la flotte au plus vite». Aujourd'hui, la Ville rappellera à JCDecaux son «obligation de résultat» et agitera la menace de pénalités financières si le service ne s'améliore pas.

flotte Le parc actuel de Vélib’ est d’environ 11.000 vélos pour près de 900 stations. Pendant les grèves, 160.000 locations journalières ont été enregistrées en moyenne, dont la moitié par des abonnés courte durée.