Mort d’Adama Traoré: Ses deux frères, Bagui et Youssouf, restent en prison

JUSTICE Adama Traoré était mort dans des circonstances suspectes dans la cour de gendarmerie de Persan. Ses deux frères ont été interpellés le 23 novembre pour « outrages », « violences » et « menaces »…

Fabrice Pouliquen

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Un homme porte un t-shirt demandant justice pour Adama Traoré, mort en juillet lors de son interpellation par la police.
Un homme porte un t-shirt demandant justice pour Adama Traoré, mort en juillet lors de son interpellation par la police. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Bagui et Youssouf Traoré restent en prison. Ainsi en a décidé la cour d’appel de Versailles qui avait à se prononcer, ce mardi après-midi, sur le maintien en détention des deux frères d’Adama Traoré, jeune homme de 24 ans mort le 19 juillet dernier dans l’enceinte de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) à la suite de son interpellation à Beaumont-sur-Oise, dans des conditions encore non-éclaircies.

Interpellés le 23 novembre dernier

Sa mort a engendré de fortes tensions à Beaumont-sur-Oise entre les proches d’Adama Traoré, demandant justice, et les forces de l’ordre ainsi que la municipalité, accusée de prendre fait et cause pour les gendarmes.

Bagui, 25 ans, et son jeune frère Youssouf, 22 ans, avaient été interpellés le 23 novembre dernier à la suite de heurts survenus le 17 novembre en marge du conseil municipal de Beaumont-sur-Oise. « Bagui est poursuivi pour outrages, menaces et violence à l’encontre de personnes dépositaires de l’ordre public, et Youssouf pour outrages uniquement », précise Maître Noémie Saidi-Cottier, l’avocate de Bagui Traoré.

Un maintien en prison « contestable »

Ils seront jugés tous les deux le 14 décembre prochain, à 13h30, devant le tribunal de Pontoise. « En attendant, la justice les maintient en prison pour des raisons que nous estimons contestables, poursuit Maître Noémie Saidi-Cottier qui tentait ce mardi après-midi de casser ces mandats de dépôt. La justice a considéré qu’il y avait un risque de réitération et une absence de garantie de représentation. Bagui et Youssouf ont pourtant une vie familiale stable, un hébergement et un emploi. » Maître Saidi-Cottier plaidera la relaxe le 14 décembre prochain.