Jean-Bouin attise les convoitises

Mickaël Bosredon - ©2007 20 minutes

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Le stade Jean-Bouin (16e) va-t-il être servi en offrande à Max Guazzini, le président du Stade Français, le club de rugby de la capitale ? C'est ce que pense Jacques Lelièvre, président du collectif pour la défense du stade Jean-Bouin omnisports, après la présentation du projet de rénovation du stade, voulu par la Mairie de Paris, et choisi par un jury il y a dix jours. Il doit être avalisé par le Conseil de Paris en décembre. D'un montant de 84 millions d'euros, ce projet permettra au stade Jean-Bouin de porter sa capacité d'accueil de 9 200 places à 20 000 places. Une galerie commerciale et un parking seront également construits autour. Livraison prévue en 2011.

« A qui cela va-t-il profiter ? demande Jacques Lelièvre : à la SASP Stade Français Paris, détenue à 98 % par Max Guazzini. Cette société deviendra la seule à profiter des recettes générées par le stade. Sa valeur va exploser ces prochaines années, tout cela aux frais du contribuable ! » Jacques Lelièvre estime que cet équipement, propriété de la Mairie, doit continuer à accueillir toutes les populations, comme les 3 000 scolaires qui le pratiquent actuellement. « Or on va les jeter sur l'hippodrome d'Auteuil, dont les futures pistes d'athlétisme ne seront même pas ouvertes le soir ! Tout cela pour le seul confort du Stade Français, qui n'y jouera que dix fois par an, alors qu'il aurait pu aller à Charlety (13e). »

A la Mairie de Paris, on estime qu'il s'agit d'un faux procès. « La SASP paiera une redevance pour l'exploitation du stade, il n'y aura donc pas d'enrichissement personnel de Max Guazzini. Quant à l'hippodrome d'Auteuil, nous avons racheté dix hectares pour en faire l'un des trois plus beaux sites sportifs de la capitale, à seulement 400 mètres de Jean-Bouin », assure Pascal Cherki, adjoint aux Sports à la Mairie. « Tous les grands clubs de rugby de France et d'Angleterre sont en train de rénover leurs enceintes. Paris ne doit pas rester à la traîne, justifie-t-il encore. Quant à Charlety, ce n'est pas un « stade-chaudron », la caractéristique des stades de rugby. » En attendant, Jacques Lelièvre promet d'attaquer le projet « à chaque étape du processus ».