Paris: Les Autolib' fêtent leurs cinq ans, entre tops et flops (surtout sous la pluie?)

TRANSPORTS Le service de partage Autolib' et sa flotte de BlueCar 100 % électriques a été lancé il y a cinq ans à Paris. Pour quel bilan ?….

Romain Lescurieux

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Paris le 05 décembre 2011. Inauguration du concept de voiture électrique en libre service Autolib'
Paris le 05 décembre 2011. Inauguration du concept de voiture électrique en libre service Autolib' — A. GELEBART / 20 MINUTES

C’était le 5 décembre 2011. Ce jour-là, Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, et Vincent Bolloré inauguraient dans la capitale, le service d’autopartage Autolib’ et ses Bluecar 100 % électriques, dotée de la technologie lithium métal polymère (LMP). « Une révolution urbaine » était alors annoncée.

Cinq ans plus tard, cette voiture grise - immatriculée dans le Finistère pour rappeler la griffe de l’industriel breton - s’est imposée dans près de 100 communes d’Ile-de-France et dans d’autres villes françaises, comme à Lyon et à Bordeaux. Le service compte aujourd’hui plus de 4.000 voitures, 1.100 stations et 6.300 bornes de recharge. « Une Autolib’ est louée toutes les 5 secondes », se targue le groupe Blue Solutions qui affiche une « satisfaction client de 92 % ». Un succès sans faille ?

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« Les ventes d’abonnements courte durée ont diminué »

« Au début, il y a eu des ajustements à faire notamment au niveau de l’entretien et du suivi technique des voitures. Les incivilités n’avaient par exemple pas été suffisamment prises en compte », explique Marie Castelli, secrétaire générale d’Avere (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique). « Mais à l’époque, ça restait tout de même le plus gros déploiement de voitures électriques. Ce qui a permis aux gens de s’accoutumer avec ce type de mobilité », rappelle-t-elle. Et depuis ? Côté abonnements, les gens continuent d’adhérer pour de la longue durée - 99.941 abonnements pour une durée d’un an ont été vendus en 2015 - en revanche, l’adhésion courte durée fonctionne moins bien.

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Selon le rapport d’activité du syndicat mixte Autolib' Metropole, les ventes d’abonnements de courte durée (un mois, une semaine et un jour) ont diminué de 14 % en 2015. « C’est la première fois que l’on note une diminution des ventes d’abonnements un jour », mentionne le rapport. Lancé en juillet 2013, le forfait 8 heures a lui aussi connu « une baisse d’intérêt par rapport à 2014, avec seulement 322 abonnements vendus (-26 %) ». La concurrence est aussi passée par là.

En 2014,l’Américain Zipcar (filiale du loueur Avis) qui revendique le plus grand réseau mondial d’autopartage a inauguré son service dans la capitale. Puis, d’autres, comme Wattmobile ou encore Ubeeqo se sont également déployés. De quoi offrir une alternative à des déçus d’Autolib'.

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« On est débordés, avec la pluie elles tombent toutes en panne »

Louis, un Parisien de 35 ans était un utilisateur régulier du service Autolib'. Jusqu’à ce qu’il rencontre quatre soucis techniques en un an. Point commun de ces mésaventures : la pluie. « Un jour, sur le périphérique, l’ensemble de l’électronique s’est coupé », dit celui qui s’est retrouvé sans clignotants ni feux ni indication de vitesse. « La seule réponse d’Autolib' : “Arrêtez-vous tout de suite” », déplore-t-il. Quelques mois plus tard, l’écran lui indique soudain qu’il doit s’arrêter de « manière imminente ». Trop tard. « La voiture a stoppé net en plein milieu de la chaussée. En arrivant, le dépanneur m'a lancé : “On est débordé, avec la pluie elles tombent toutes en panne”. »

L'écran d'une voiture Autolib' affiche un problème
L'écran d'une voiture Autolib' affiche un problème - DR

En 2012, déjà, des problèmes électriques provoqués par la pluie étaient évoqués. En cause, un possible défaut d’étanchéité sur un branchement de câble relié aux batteries. « C’est l’humidité qui peut venir créer une perturbation et couper le système par mesure de sécurité », avance  Jean-Luc Coupez, consultant sur les sujets de mobilité partagée et d’infrastructures de recharge. Il note toutefois un problème « peu courant ». Mais Louis, lui, est déjà parti chez la concurrence. Sans regrets.