Piétonnisation des voies sur berges: «Ce qu’ils disent est faux», Bruno Julliard répond à la lettre des 168 maires franciliens

CIRCULATION Cent soixante-huit maires d'Ile-de-France ont interpellé mardi soir la maire de Paris Anne Hidalgo sur la fermeture des voies sur berges rive droite...

Romain Lescurieux

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La voie Georges-Pompidou est désormais fermée à la circulation
La voie Georges-Pompidou est désormais fermée à la circulation — R.LESCURIEUX

Le bras de fer se poursuit autour de la piétonnisation des voies sur berges rive droite. Ce mercredi, le premier adjoint à la mairie de Paris, Bruno Julliard, a tenu à répondre devant quelques journalistes à la lettre des 168 maires franciliens ­ – principalement LR – adressée mardi soir à Anne Hidalgo, dans laquelle ils réclament un nouvel examen de la fermeture de la voie Georges-Pompidou.

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Selon les maires, cette interdiction de circulation sur ce tronçon de 3,3 km du quai bas, de l’entrée du tunnel des Tuileries (1er arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (4e) « entraîne une détérioration de la vie quotidienne de dizaines de milliers de Franciliens », notent-ils notamment dans cette missive relayée par Le Figaro.

« Nous contestons totalement le contenu de ce courrier »

« Nous prenons au sérieux ces interpellations auprès de l’exécutif municipal et nous respectons l’ensemble des opinions. Cependant, nous contestons totalement le contenu de ce courrier. Ce qu’ils disent est faux », affirme Bruno Julliard, dénonçant dans le même temps « une instrumentalisation politicienne de la droite parisienne et d’Ile-de-France ».

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Dans cette lettre, les élus d’Asnières (Hauts-de-Seine), du Chesnay (Yvelines) ou d’Étampes (Essonne) évoquent « le blocage général de la circulation à Paris », « l’aggravation des embouteillages » mais aussi les « effets bien au-delà » de la capitale de cette mesure prise « sans concertation ». Ils mentionnent aussi « un véritable effet domino » depuis la fermeture des voies sur berges, et accusent la mairie de Paris et l’Etat de fermer les yeux sur ces complications.

Un appel qui fait écho à un récent rapport commandé par la région Ile-de-France et sa présidente Valérie Pécresse montrant que le trafic et les temps de parcours avaient augmenté au centre de Paris et à l’ouest en banlieue. La mairie de Paris qui avait déjà évoqué une « une désinformation », continue de réfuter d’éventuels embouteillages supplémentaires depuis la fermeture en septembre.

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Un recours devant le tribunal administratif de Paris et une mairie déterminée

« Nous nous appuyons sur les chiffres de la préfecture de Région et du bureau de la direction des Routes qui constatent qu’il n’y a pas de report massif de circulation en dehors de Paris », déclare Bruno Julliard, qui reconnaît toutefoisune augmentation de la circulation dans Paris intra-muros. « Il y a un report sur les quais hauts et sur le boulevard Saint-Germain. Mais ce temps supplémentaire était prévu. Dans quelques mois, le temps de parcours va diminuer car il commence à y avoir des changements d’habitude de la part des automobilistes. », se réjouit-il. De son côté, la droite n’entend rien lâcher.

La région Ile-de-France et cinq départements franciliensont déposé jeudi dernier un recours devant le tribunal administratif de Paris pour contester la piétonnisation des voies sur berges rive droite. Mais la sérénité plane à la mairie de Paris. « Les derniers recours ont tous été gagnés par la ville. Il n’y a donc pas de raison que les prochains ne soient pas gagnés », affirme Bruno Julliard. « Notre détermination est sans faille en matière de lutte contre la pollution », conclut-il. Car selon lui, « il en est de l’intérêt général des Parisiens et des générations futures ».