Ile-de-France: Quinze ans de prison requis contre un CRS accusé de viols

JUSTICE Le verdict est rendu ce vendredi après-midi...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: Justice, loi.
Illustration: Justice, loi. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Une peine de 15 années de réclusion criminelle a été requise vendredi aux assises à Versailles contre un CRS accusé d’avoir réclamé des faveurs sexuelles à dix femmes en échange de l’annulation de leur PV et d’en avoir violé ou agressé certaines.

Un « mode opératoire bien rôdé »

Teddy Aristangele, 37 ans, révoqué depuis de la police, a « dévoyé l’uniforme dont il était si fier », il s’est comporté comme « un prédateur sexuel », « un pervers », a lancé l’avocat général Philippe Ferlet, en requérant également l’interdiction définitive de toute activité dans la fonction publique à son encontre.

Le représentant de l’accusation a en outre demandé à la cour d’assises des Yvelines de condamner l’accusé à quinze ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins.

« Fort du port de l’uniforme, il agit avec un réel sentiment d’impunité », a déclaré le magistrat, avant de décrire un « mode opératoire bien rôdé » : un contrôle routier, une menace de verbalisation suivie d’une promesse d’indulgence pénale « pour se présenter sous un bon jour, ne pas affoler » ses victimes puis « resserrer son étau sur elles », leur demander des faveurs sexuelles et, dans certains cas, les agresser.

« Je peux faire ce que je veux »

Jugé depuis lundi, l’accusé, ancien CRS d’une compagnie autoroutière d’Ile-de-France, reconnaît la « corruption passive » - avoir demandé des faveurs à ces dix automobilistes pour ne pas les verbaliser.

S’il a fini par reconnaître du bout des lèvres avoir agressé sexuellement quatre femmes, il nie toujours l’accusation la plus grave : avoir violé une jeune femme à deux reprises. Dénégation d’un accusé « lâche, qui n’assume pas ses actes », selon l’avocat général.

Teddy Aristangele a expliqué à la cour qu’il ciblait de « jolies » automobilistes, « bien habillées ». Toutes étaient « vulnérables », a-t-il reconnu : l’une se trouvait seule avec ses jeunes enfants dans une voiture, les autres « avaient consommé de l’alcool, elles étaient en faute, je me servais de ce prétexte ».

Il a invoqué, comme élément déclencheur, le « manque de sexe à la maison » et le sentiment de toute-puissance que lui donnait l’uniforme : « Je me croyais irrésistible, je me disais "Je peux faire ce que je veux"».

Après la plainte d’une de ces femmes en 2011, il avait été suspendu pendant neuf mois entre 2012 et 2013, mais avait écopé d’un simple rappel à la loi.

Redevenu policier en exercice, le CRS avait récidivé auprès de plusieurs femmes en 2013. La plainte pour exhibition sexuelle de l’une d’entre elles avait déclenché l’enquête qui a permis d’identifier dix victimes depuis 2010. Verdict dans l’après-midi.