Paris: La marque Jordan ouvre son premier magasin européen à Bastille

COMMERCE Dans un magasin de 300 mètres carrés au cœur de Bastille, les sneakers Jordan s’alignent et les prix grimpent…

Romain Lescurieux

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La boutique Jordan de Paris située à Bastille
La boutique Jordan de Paris située à Bastille — R.LESCURIEUX

Des ballons orange, des sneakers et un timing parfait. Alors que Barack Obama a remis ce mercredi à l’ex-basketteur Michael Jordan,la Médaille présidentielle de la Liberté à la Maison Blanche à Washington, Jordan Brand - la marque née de l’alliance entre le célèbre basketteur et Nike - ouvre ce jeudi sa première boutique européenne à Paris dans le quartier de Bastille, rue du faubourg Saint-Antoine (12e arrondissement). Un emplacement et un déploiement « stratégique » pour Nike après des ouvertures à Chicago, Toronto et Hong-Kong.

L’Ile-de-France, terre de basketteurs

« Nous sommes tout à fait légitime d’ouvrir ici. Il y a une grosse culture basket à Paris, aussi bien en ligue que dans la rue. Sans oublier que la France est l’un des plus gros pourvoyeurs de joueurs étrangers en NBA », indique-t-on chez Nike. Après le football, le basket reste en effet le deuxième sport collectif le plus pratiqué dans l’hexagone. Selon la FFBB (Fédération Française de BasketBall), 601.376 joueurs de basket licenciés ont été recensés début 2016, en France, dont près de 60.000 sur le territoire francilien, d’après une étude de l’Institut régional de développement du sport et l’Institut d’aménagement et d’urbanisme en Ile-de-France. Alors, la marque n’a pas lésiné sur les moyens.

Dans cet espace de 300 mètres carrés, sur deux étages, des vêtements et les fameuses chaussures – dont certaines sont exclusives au magasin - s’alignent avec des prix allant de 100 jusqu’à plus de 250 euros pour des rééditions de produits « mythiques ». Un « playground » est également mis à disposition « pour savoir si les chaussures sont adaptées aux besoins du client », qui trouvera aussi un service de personnalisation car Nike entend cibler parfaitement son public : « On s’adresse aux passionnés, à ceux qui vivent et dorment pour le basket, aux collectionneurs, et évidemment aux basketteurs qui s’entraînent tous les jours sur le parquet ». Vraiment ?

« Pour la pratique du basket pure, la Jordan n’est pas adaptée »

Pour le président d’un club de basket du centre de Paris « cette ouverture est une bonne chose pour le monde du basket à Paris et en France où le football reste le sport principal » mais nuance toutefois la qualité des produits. « Pour la pratique du basket pure, la Jordan n’est pas adaptée », lâche ce joueur. Selon lui, « ce sont des chaussures de rue, de mode, idéales pour frimer. Les gens les sortent fièrement, les nettoient et les remettent dans la boîte ».

« Les semelles sont trop dures pour jouer », reprend-il. « Moi je mets 150-200 euros pour une paire qui va me faire trois saisons. Mais jouer avec des Jordan, en trois semaines, elles sont mortes. Certains viennent avec mais ils les changent dans le vestiaire. Il y en a peut-être deux qui jouent avec. Mais c’est tout ». Heureusement pour la marque, les collectionneurs, eux, devraient répondent au rendez-vous, d’autant qu’ils sont de plus en plus nombreux.

Début novembre, 200 collectionneurs venus de toute l’Europe se sont donné rendez-vous au Carreau du Temple pour vendre ou échanger plus de 15.000 de baskets pour le plus grand plaisir des « sneakers addict ».