A Beaumont-sur-Oise, la tension ne retombe pas après la mort d'Adama Traoré

FAITS DIVERS Des heurts ont éclaté jeudi soir en marge du conseil municipal de cette commune du Val-d’Oise où Adama Traoré, 24 ans, avait trouvé la mort en juillet lors de son interpellation par des gendarmes…

20 Minutes avec AFP

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Une grande marche a Paris, en juillet dernier, pour réclamer
Une grande marche a Paris, en juillet dernier, pour réclamer — SEVGI/SIPA

Des heurts ont éclaté jeudi soir en marge du conseil municipal deBeaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) et dans le quartier Boyenval, d’où était originaire Adama Traoré, et deux personnes ont été interpellées, a-t-on appris de sources concordantes.

A l’ordre du jour du conseil municipal figurait le vote de la prise en charge des frais de justice de la maire, « qui a déposé plainte car elle fait l’objet depuis plusieurs semaines de menaces de mort, d’intimidation et d’insultes », a dit à l’AFP le directeur de cabinet de la préfecture, Jean-Simon Mérandat.

Des coups au visage pour une policière municipale

Vers 21 h 15, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées près de la mairie. En parallèle, une quarantaine d’autres se réunissaient dans le quartier de Boyenval, où vit la famille du jeune homme de 24 ans mort en juillet dernier lors de son interpellation par les gendarmes, a relaté à l’AFP une source proche de l’enquête.

>> Lire aussi: Mort d'Adama Traoré: Ce qu’il s’est passé lors de l’interpellation

Les heurts ont éclaté sur ces deux sites. Devant la mairie, une policière municipale qui tentait d’empêcher les manifestants de pénétrer dans la salle du conseil municipal « a reçu plusieurs coups au visage ». Elle s’est vu prescrire 8 jours d’ITT (incapacité totale de travail), selon la préfecture.

Des tirs de mortiers dans le quartier de Boyenval

Dans le quartier de Boyenval, les militaires de la gendarmerie ont essuyé des tirs de mortiers et d’engins incendiaires, avant un retour au calme vers 0 h 30, selon cette même source. Dans la soirée, d’autres incidents ont eu lieu dans la ville voisine de Persan où des poubelles et un véhicule ont été incendiés, a ajouté la source proche de l’enquête. Contactés par l’AFP, la maire de Beaumont-sur-Oise et l’entourage d’Adama Traoré n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

Qualifiée de « bavure » policière par son entourage, la mort d’Adama Traoré, le 19 juillet, avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise, d’où il était originaire, et dans les communes alentours. Malgré deux autopsies, la cause du décès du jeune homme n’a pu être établie avec certitude. Elles ont toutefois mis en évidence notamment un « syndrome asphyxique ».

Une enquête toujours en cours

Lors de son arrestation, le jeune homme avait été maintenu au sol sous « le poids des corps » de trois gendarmes, selon une source proche de l’enquête citant les déclarations de l’un des militaires. L’information judiciaire ouverte après la mort du jeune homme a été dépaysée à Paris, à la demande de l’avocat de la famille, très critique à l’égard de la conduite de l’enquête et de la communication du procureur de Pontoise.