Un théâtre ouvert sur la cité

Sophie Caillat - ©2007 20 minutes

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« On a pensé ce lieu comme un point de rencontre ». Tel a été le mot d'ordre de Pascal Rambert, qui a pris cet été la direction du « théâtre2gennevilliers » et l'a rouvert, après transformation, le 4 octobre. « On », c'est l'ensemble des artistes contemporains dont il s'est entouré pour cette entreprise osée de séduction des Gennevillois : Daniel Buren, dont les cent flèches rayées, réalisées par les lycéens de plasturgie de la ville, guident les pas du métro au théâtre et ponctuent la ville d'une note artistique. Patrick Bouchain et Nicole Concordet, spécialistes de l'architecture brute, qui ont créé une agora et un salon destinés à accueillir les passants. La photographe Valérie Jouve, qui a mis en scène les jeunes de la ville et les affiche en grand tirage dans les couloirs du théâtre. Et enfin le cinéaste Olivier Assayas, qui a, lui, carte blanche pour tourner un film dans cette ville de banlieue parisienne.

Lorsqu'il travaille la mise en scène de son prochain spectacle, Pascal Rambert laisse la porte des répétitions ouverte. « J'ai essayé de faire tomber la zone d'intimidation. J'aimerais que les mamans passent sur le chemin de la sortie d'école », rêve l'auteur. Et ça marche : en trois semaines, deux cents personnes se sont glissées devant le plateau des répétitions, forteresses où aiment souvent s'enfermer les artistes. Les vendredis soirs, cinquante anonymes participent à des ateliers d'écriture. On compte aussi nombre de jeunes Gennevillois dans les spectacles ou à l'accueil du public.