Les hommes violents trop peu écoutés

Sophie Caillat - ©2007 20 minutes

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Demain, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, un rassemblement aura lieu à Paris. L'objectif du Collectif national pour les droits des femmes qui l'organise : obtenir une « loi-cadre », qui seule « peut centraliser les dispositifs de prévention, de répression, de soutien et de recours judiciaires ». En attendant, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, selon le dernier recensement. Si la prise en charge des victimes progresse, « il est indispensable qu'elle s'accompagne d'une prise en charge des auteurs de violences. Sinon, ils recommenceront sur leur compagne suivante », assène Francis Bahans, directeur général adjoint de Citoyens et Justice, une fédération d'associations exerçant dans le secteur sociojudiciaire.

A Pontoise (Val-d'Oise) depuis quatre ans, Espérer 95 mène une des très rares expériences de suivi des auteurs de violences. Avec succès, puisqu'on n'aurait connaissance que de trois récidives sur 89 hommes passés par les groupes de parole. Tout le travail, pour la sociologue et le psychologue qui les animent, consiste à « leur faire admettre que ce n'est pas eux la victime », selon Stéphanie Le Gall, membre de l'association.