Fermeture des voies sur berges:  Nouvelle attaque en justice ce lundi après-midi

CIRCULATION Après la tentative manquée des Républicains, deux associations et onze particuliers attaquent de nouveau en justice l’arrêté de la ville de Paris piétonnisant la voie Georges-Pompidou…

Fabrice Pouliquen

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Un homme marche sur les berges de Seine rive-droite.
Un homme marche sur les berges de Seine rive-droite. — AFP

Les voies sur Berge, fermées à la circulation depuis cet été, repassent de nouveau en justice, ce lundi après-midi à 14h au tribunal administratif de Paris. Cette fois-ci, ce sont les associations « Défense du site de Notre-Dame et de ses environs » et « Fédération patrimoine-environnement », auxquelles se greffent onze particuliers habitants les environs, qui attaquent en justice l’arrêté de la ville de Paris. L’association « 40 millions d’automobilistes » soutient également ce recours juridique.

Un référé environnement cette fois-ci

Début septembre, Nathalie Kosciusko-Morizet, chef des Républicains au conseil de Paris, avait déjà tenté le coup. « Sans succès, indique-t-on dans son entourage. Le tribunal des référés avait rejeté la demande. » Maître Iosca, qui plaidera ce lundi après-midi, tente une autre stratégie. « Les Républicains avaient tenté un référé suspension classique, précise-t-il. Nous tentons nous un référé environnement qui lui est dégagé d’un certain nombre d’obligations et est donc beaucoup plus simple. » L’avocat se dit optimiste. « Je me bats pour gagner », précise-t-il en tout cas.

Le tribunal administratif de Paris pourrait rendre sa décision dans le courant de la semaine prochaine. « Si nous gagnons, le tribunal administratif ordonne la réouverture à la circulation des voies sur berges immédiatement. Anne Hidalgo pourra toujours faire appel mais, entre-temps, les voitures pourront circuler voie Georges-Pompidou. »

Moins d’impact que prévu sur la circulation ?

Trois semaines après la fin de Paris Plages, et la non-réouverture des voies sur berge aux voitures, le JDD s’est procuré les premiers chiffres mesurant l’état du trafic routier dans le cœur de la capitale. Sur les trois premières semaines de septembre, le nombre de véhicules/heure a augmenté de 73 % sur les quais hauts aux heures de pointe du matin par rapport à la même période voici un an (2.023 véhicules/heure en 2016, contre 1.172 v/h en 2015), et de 13 % aux heures de pointe du soir (2.066 contre 1.824). Sur le boulevard Saint-Germain considéré comme principal axe de report, le trafic a augmenté de 41 % le matin (1.538 v/h contre 1.088) et seulement de 4 % le soir (1.930 v/h contre 1.856).

Dans une étude d’impact préalable, réalisée à la demande de la mairie de Paris, le cabinet indépendant Systra tablait sur des augmentations de circulation plus importantes encore. Quais hauts, il prévoyait jusqu’à 2.220 véhicules/heure le matin, et 2.664 le soir. Boulevard Saint-Germain, Systra anticipait 1.747 véhicules/heure le matin et et 1 990 véhicules/heure le soir.

Anne Hidalgo se félicitait alors, fin septembre, d’un premier bilan positif de la piétonnisation des berges. Elle évoquait sur RTL une mesure qui s’était déjà traduite par des « diminutions de la circulation », ce qu’on appelle l’évaporation de la circulation, de l’ordre de 10 % ».