Le 13-Novembre, un an après : « C’est un devoir de venir se recueillir »

ATTENTATS François Hollande et Anne Hidalgo ont commémoré ce dimanche les attentats du 13 novembre 2015 en dévoilant des plaques en mémoire des victimes…

Romain Lescurieux

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Le 13 novembre 2016, deux jeunes femmes se recueillent devant la plaque commémorative apposée rue de la Fontaine-au-Roi, près du café la Bonne Bière, touché par les attentats du 13-Novembre.
Le 13 novembre 2016, deux jeunes femmes se recueillent devant la plaque commémorative apposée rue de la Fontaine-au-Roi, près du café la Bonne Bière, touché par les attentats du 13-Novembre. — ALAIN JOCARD / AFP

Elle attend, une rose blanche à la main. « Je suis là pour montrer que nous nous souvenons de cette tragédie, de cette date, de ces victimes. Mais aussi que sommes vivants et toujours là », glisse Karène, une Parisienne de 50 ans,à quelques mètres du Bataclan.

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Ce dimanche, un an jour pour jour, après les attaques du 13 novembre 2015, François Hollande et Anne Hidalgo ont commémoréles attentats les plus meurtriers qu’ait connus la France en dévoilant une plaque à chaque endroit où des vies ont été fauchées.

François Hollande et Anne Hidalgo devant le Bataclan le 13 novembre 2016
François Hollande et Anne Hidalgo devant le Bataclan le 13 novembre 2016 - SIPA PRESS

« Sobriété »

Suivant l’ordre chronologique des attaques, du Stade de France au Bataclan, en passant par la Bonne Bière ou encore Le Carillon – où des bougies aux couleurs de la France crépitaient ce matin sur le comptoir – le même cérémonial s’est déroulé sous le signe de la « sobriété », respectant ainsi la volonté des associations de victimes. Soit la lecture des noms, une minute de silence, le dépôt d’une gerbe et le dévoilement d’une plaque « en mémoire des victimes blessées et assassinées » par les commandos du groupe djihadiste de l’État islamique. « Les terroristes se sont trompés : le malheur n’a pas divisé », a par ailleurs assuré Anne Hidalgo dans un communiqué.

Marqué par une grande émotion entrechoquée d’accolades et de pleurs, chaque moment des six étapes du parcours réunissait des familles des victimes, des proches, des forces de police et de secours. Et ce, sous les caméras du monde entier. De nombreux Parisiens ont également tenu à sortir de chez eux et se recueillir. A l’image de Jean et Nicole, qui habitent le 11e depuis quatre-vingt ans.

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« C’est une petite fleur mais c’est un grand geste pour dire qu’on n’oublie pas »

« Nous passons tous les jours devant le Bataclan. Et aujourd’hui, nous sommes venus rendre un hommage aux victimes. Je trouve ça normal d’être là », s’exclame Jean, sous de fines gouttes de pluie. « Je n’ai jamais quitté ce quartier qui m’est cher », se félicite-t-il. Répondant à l’appel de l’association 13-Novembre : Fraternité et Vérité, « ce soir, nous mettrons une bougie à notre fenêtre », ajoute sa femme, Nicole. Non loin de là, deux femmes déposent une fleur jaune sur la promenade Richard-Lenoir. Elles aussi font leur « pèlerinage » ce dimanche.

« Nous apportons une fleur à chaque endroit où un drame a eu lieu. C’est une petite fleur mais c’est un grand geste pour dire que nous n’oublions pas. C’est un devoir de venir se recueillir », insiste Mélissa, 31 ans. Près d’elle, Sophie, 57 ans, veut continuer de vivre, pour elle et pour les victimes. « La vie se poursuit et les terroristes ne nous font pas peur. Il faut sortir, aller à des concerts, au cinéma », lâche-t-elle. Mélissa, elle, est plus nuancée. « Je n’ai pas peur mais je reste méfiante », conclut-elle, avant de partir vers la mairie du 11e arrondissement, comme de nombreuses personnes.

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Le recueillement devant le Bataclan
Le recueillement devant le Bataclan - SIPA PRESS

« Laisser la tristesse partir vers le ciel »

Après l’hommage officiel en présence de nombreux ministres, les associations ont pris le relais devant la mairie du 11e arrondissement, où la chanson « Alive » de Pearl Jam a été interprétée au piano et où des ballons multicolores ont été lâchés dans un ciel gris, pour « laisser notre tristesse partir vers le ciel ». Caroline Langlade de l’association Life for Paris, a enfin appelé à laisser « du temps aux victimes pour qu’elles se réparent » puis a rendu un vibrant hommage aux « héros » de ce vendredi 13 novembre au soir où 130 personnes ont perdu la vie.