Lycéen frappé à Bergson : Six mois de prison avec sursis requis contre le policier

JUSTICE Le procès de ce policier de 26 ans qui avait asséné un violent coup de poing à un lycée lors d’une manifestation contre la loi travail s’est ouvert ce jeudi…

20 Minutes avec AFP

— 

Manifestation de lycéens devant le lycée Bergson à Paris, le vendredi 25 mars 2016
Manifestation de lycéens devant le lycée Bergson à Paris, le vendredi 25 mars 2016 — Romain Lescurieux

Le parquet a requis jeudi six mois de prison avec sursis à l'encontre d'un policier jugé pour avoir asséné un violent coup de poing à un adolescent de 15 ans aux abords du l ycée Bergson à Paris, une scène dont la vidéo avait été largement diffusée.

Voulant croire que le fonctionnaire de police, âgé de 26 ans, est «concient de la gravité de son geste», le procureur a proposé au tribunal de ne pas inscrire sa condamation à son casier judiciaire.

Un « malheureux concours de circonstances » ?

Plus tôt dans la journée, le policier avait affirmé devant les juges qu'il n'avait pas spécifiquement tenté de lui porter un coup au visage, qualifiant son geste de «malheureux concours de circonstances».

Le 24 mars, en pleine mobilisation contre la loi travail, des poubelles avaient été brûlées aux abords de ce lycée du 19e arrondissement. Certains témoignages avaient fait état de jets d'oeufs et de farine, d'autres de jets de pierres, de pavés et de bouteilles.L'adolescent de 15 ans frappé par le policier, un élève de seconde, a reconnu avoir jeté un sac de farine, mais sans l'avoir enflammé, ainsi que l'a affirmé le fonctionnaire.

Une vidéo largement diffusée

Les policiers ont interpellé l'enfant à environ 300 mètres de l'établissement scolaire. Une vidéo de la scène montre le lycéen à terre, entouré de policiers qui le somment de se lever, avant de lui saisir les bras pour le remettre debout.

>> Lire aussi: Le policier reconnaît avoir fait usage d’une force disproportionnée

C'est alors qu'un policier casqué lui porte un violent coup de poing au visage, ce qui déséquilibre l'adolescent et le fait tomber.

A la barre, le gardien de la paix, prénommé Sofiane, assure que lorsque que les policiers ont relevé le jeune homme juste après l'avoir interpellé, il a senti «comme des doigts au niveau de la jugulaire» de son casque. «Je me suis senti en danger», dit-il.

« Je ne me serai pas permis »

Il voulait lui porter un coup au niveau du plexus, un geste «proportionné» au vu de la situation, dit-il, mais «l'appui sur la nuque» du jeune homme, que tenait l'un de ses collègues, «l'a fait se baisser».

«En aucun cas il n'y a eu de volonté de le toucher au visage», a dit le policier, «je ne me serais jamais permis» d'exercer des violences «sachant qu'on est filmés en permanence». «Je n'avais pas l'intention de porter un coup de poing».