Paris: La «volte-face» d’Anne d’Hidalgo sur l’ouverture dominicale divise les élus parisiens

SOCIETE La maire de Paris, Anne Hidalgo, soumettra au Conseil de Paris qui débute ce lundi, son souhait d’ouverture des commerces douze dimanches par an, dès 2017…

Romain Lescurieux

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La maire de Paris Anne Hidalgo à Paris le 30 mai 2016
La maire de Paris Anne Hidalgo à Paris le 30 mai 2016 — BERTRAND GUAY AFP

Les mots sont moqueurs mais enjoués. « La maire de Paris a finalement découvert Richelieu et sa phrase “La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire”. » A l’origine de ce propos, Anne Tachène, conseillère de Paris. Son groupe UDI-Modem votera au conseil de Paris – qui débute ce lundi – favorablement la délibération de l’exécutif parisien concernant  l’ouverture des commerces douze dimanches par an, dès 2017. Soit le nombre maximum permis par la loi Macron.

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Pourtant farouchement opposée à l’ancien ministre dans un premier temps, Anne Hidalgo est finalement revenue sur sa position, divisant ainsi les élus parisiens.

« Volte-face »

« Nous voterons contre. Nous sommes dans l’incompréhension, c’est un renoncement et un pas de travers. Il faudra que Madame Hidalgo s’explique », indique Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe Communiste-Front de Gauche du Conseil de Paris. Même son de cloche du côté de Danielle Simonnet, conseillère de Paris et coordinatrice du Parti de Gauche qui déposera un vœu contre cette extension de l’ouverture dominicale. « Anne Hidalgo jouait la frondeuse et avait mis en scène un bras avec Emmanuel Macron et finalement elle fait volte-face », déplore-t-elle.

En septembre 2015,Anne hidalgo s’était en effet montrée virulente à l’égard d’Emmanuel Macron. Dans une lettre, elle y évoquait son « profond désaccord ». « Cette extension massive et la création de nouvelles zones ne répondent (…) à aucun critère objectif ni, dans certains cas, à aucune réalité touristique », dénonce-t-elle. « Les zones que vous projetez d’instituer révèlent le fantasme d’une ville entièrement dédiée à un tourisme consumériste. »

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Elle déposera alors une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) validée par les « Sages » quelques mois plus tard, validant la compétence du maire, et non plus celle du préfet, pour les autorisations de travailler le dimanche. « Pour au final, appliquer la loi Macron », regrette Danielle Simonnet. « Pourtant, cinq dimanches c’était bien suffisant », conclut-elle. De son côté, l’exécutif parisien continue de se défendre.

« Une décision pragmatique » soutenue par la droite

« Après avoir reçu les syndicats de salariés et les organisations patronales, et consulté les branches, l’exécutif parisien proposera au Conseil de Paris d’autoriser douze dimanches d’ouverture en 2017 pour les commerces de proximité situés hors des zones touristiques internationales. Cette décision pragmatique s’appuie sur la réalité des rythmes de vie des Parisiens, dans un contexte économique difficile pour les commerçants, touchés notamment par la baisse de la fréquentation touristique », annonçait en octobre, Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris. Une position confirmée lors d’une conférence de presse ce jeudi et saluée par la droite.

« Anne Hidalgo fait volte-face. C’était donc bien un problème personnel avec Emmanuel Macron », indique Nathalie Kosciusko-Morizet, la présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris qui votera pour l’extension tout en souhaitant aller plus loin. Le groupe déposera un vœu relatif à la création d’une zone touristique unique à Paris. Soit la volonté de classer « la ville de Paris en zone touristique dans la totalité de son territoire, hors zones ZTI, afin de donner aux commerces parisiens la liberté s’ils le souhaitent d’ouvrir le dimanche. »