VIDEO. Migrants: Le camp de Stalingrad évacué, dans la foulée de la «Jungle» de Calais

REFUGIES Les opérations d'évacuation de 3.800 migrants ont commencé peu avant 6 heures ce vendredi matin pour s'achever vers 12h...

Romain Lescurieux

— 

Le campement de Stalingrad ce vendredi matin
Le campement de Stalingrad ce vendredi matin — R.LESCURIEUX

Elle était imminente, après le démantèlement de la « jungle » de Calais. L’évacuation  de campements dans le nord-est de Paris, entre les stations de métro Jaurès et Stalingrad, a eu lieu dans le calme ce vendredi matin. Une opération record pour un campement de plus de 3.800 personnes qui s'est achevée vers 12h, selon la préfecture d'Ile-de-France.

80 bus en direction des 74 centres d’hébergement

Peu avant 6 heures, plusieurs centaines d’hommes étaient regroupés leur sac à la main, derrière un cordon de gendarmes, quai de Jemmapes, dans une partie du camp abritant des Afghans. Quelque 80 bus devaient ensuite les emmener vers 74 centres d’hébergement à Paris et en banlieue, plus des gymnases, en Ile-de-France. Selon la préfecture de police, 4.000 places d’hébergement sont prévues en Ile-de-France dont « 1000 mises à disposition par la mairie de Paris », d'après une source proche du dossier.

Le camp de migrants près du métro Stalingrad est évacué le vendredi 4 novembre 2016, à Paris.
Le camp de migrants près du métro Stalingrad est évacué le vendredi 4 novembre 2016, à Paris. - AFP

Pour assurer l’opération, près de 600 membres des forces de l’ordre étaient mobilisés, selon la préfecture de police de Paris. Le préfet de la région Île-de-France Jean-François Carenco, a insisté sur le fait que « c’est une grosse opération ». Présente sur place, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a indiqué que l’évacuation concerne « entre 3.000 et 3.500 migrants ». « Ils sont moins nombreux que prévu car il y a eu une prise en charge au fil de l’eau », indique-t-on toutefois une source proche du dossier. 

« Je n’ai aucune idée d’où on va »

L’arrivée du premier bus vers 6h10 a été saluée par des cris de joie. « Je n’ai aucune idée d’où on va. A Paris, à côté… Ça me va. L’important pour moi, c’est d’avoir des papiers. Ça fait un mois que j’étais ici dans une tente, c’est bien de partir », se réjouit auprès de l'AFP, Khalid, 28 ans.

Abderrahmane, un Guinéen de 19 ans, est lui un peu inquiet : « On emmène les gens où ? A Paris ou en province ? A 15 h, j’ai un rendez-vous à la préfecture. ». «

Aux alentours de 8 heures, sous le regard de quelques riverains, dont certains n’ont certains n’ont pas hésité à apporter de la nourritur aux enfrant, environ un millier de personnes avaient été déjà évacuées, selon le directeur de cabinet du préfet d’Ile-de-France Patrick Vieillescazes. « On estime à peu près 3.800 personnes présentes sur l’ensemble du campement (…) Si tout se passe bien, on espère avoir terminé en début d’après midi », a-t-il précisé.

Opération en deux temps

Cette opération s’est déroulée en deux temps, d’abord quai de Jemmapes, puis avenue de Flandres où campaient le reste des migrants, notamment des Soudanais et Erythréens. Ce campement avait déjà connu deux évacuations ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2.500 mises à l’abri) et le 16 septembre (près de 2 100).

Malgré les évacuations successives, le campement s’était reconstitué rapidement au cours des dernières semaines - jusqu’à compter plus de 3 000 personnes selon des sources proches du dossier - disséminées sur plusieurs centaines de mètres, sous le métro, près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre-plein de l’avenue de Flandres transformé en campement insalubre, rappelle l'AFP. 

Ouverture du centre d’accueil imminente

Pour empêcher la reconstitution de ces campements, la maire de Paris, Anne Hidalgo - également sur place - a décidé au printemps d’ouvrir un centre d’accueil humanitaire dans la capitale. Doté de 400 lits au départ, il accueillera les migrants quelques jours, avant de les répartir en CAO. Elle avait posé comme condition préalable à son ouverture, l’évacuation du campement. L’ouverture est donc imminente.

Pour une stratégie d’accueil pérenne, « le centre humanitaire de la Chapelle en sera l’un des rouages majeurs et son ouverture dans les jours qui viennent est un vrai pas en avant pour une prise en charge coordonnée et responsable des réfugié-es en Île-de-France et même en France », affirme dans un communiqué, Anne Souyris, co-présidente du groupe écologiste de Paris. Mais selon elle « ce dispositif ne pourra être efficace que si chaque collectivité décuple ses efforts de manière compétente et répartie sur les territoires y compris parisiens. »